1 C’en est fini de l’ouverture :
Tout le monde se demandait quelle personnalité d'opposition pouvait encore céder aux sirènes de l'ouverture. C'est finalement une marque, un label que Nicolas Sarkozy a décroché. Vu à la télé. Frédéric Mitterrand est l'héritier d'un nom emblématique dont l'évocation sème un peu plus le trouble dans les rangs socialistes. Il ne s'agit plus d'ouverture, le nouveau ministre vote à droite depuis Chirac en 1995. Mais c'est un symbole qui entre au gouvernement. L'autre prise à l'ennemi reste modeste. Michel Mercier, truculent sénateur du Rhône, trésorier du Modem. Il restera ami avec un François Bayrou qui de toutes les façons a été défait dernières élections européennes.
2 Les fidèles aux postes clefs :
C'est la vraie sensation de ce remaniement: Nicolas Sarkozy vient de constituer un gouvernement de combat. Brice Hortefeux, qui s'ennuyait aux relations sociales, réalise son vieux rêve. Il va piloter l'intérieur, et tous les moyens dont dispose ce ministère clef, dans la perspective de l'élection de 2012. La nomination de Michèle Alliot-Marie, érigée au rang de ministre d'Etat et garde des sceaux, est un message d'apaisement envoyé aux chiraquiens. Mais attention, le vrai ministre de la justice, l'opérationnel, se nomme Patrick Ouart, conseiller à l'Elysée auprès du chef de l'Etat. Les autres fidèles récompensés se nomment Christian Estrosi à l'industrie ou encore Eric Woerth, conforté au budget et toujours trésorier de l'UMP.
3 Rétrogradés ou virés :
C'est à croire que Bernard Kouchner a eu sa peau. Mais Rama Yade est... populaire, toujours deuxième au classement derrière Jacques Chirac selon Ifop-Paris Match. Alors elle reste, avec un portefeuille... populaire, les sports, en lieu et place d'un Bernard Laporte, sujet à polémiques. Viré également Roger Karoutchi, qui paye les ratés de la loi Hadopi, Yves Jégo, pour sa gestion du conflit aux Antilles ou encore Christine Boutin, un peu trop droitière dans ses déclarations. A signaler le départ d'André Santini, bientôt convoqué devant la justice. Le maire d’Issy-les-Moulineaux va sans doute vouloir récupérer son fauteuil de député, occupé jusque là par le très médiatique porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, auquel l’Elysée cherche un point de chute.