C'est d’ailleurs un peu comme s'il se « chiraquisait », du moins pour cet épisode. Nicolas Sarkozy, qui entend tout réformer et tout de suite, a vu monter peu à peu la contestation lycéenne, et ce malgré les explications de textes répétées sur le terrain de Xavier Darcos, le ministre de l'éducation, qui avait déclaré un peu vite qu'il ne serait pas "le ministre de l'hésitation nationale". Le chef de l'Etat se voit obligé de marquer une pause en ce qui concerne les lycées. Une décision sans doute nourrie par le précédent du CPE. Dominique de Villepin au printemps 2006 avait voulu imposer un contrat première embauche mal expliqué, qui avait mis les jeunes dans la rue. Et Jacques Chirac avait dû retirer sa réforme. L'Elysée porte également un regard inquiet sur les manifestations qui ont dégénéré en Grèce. En optant en fin de semaine dernière pour un report de sa réforme, Nicolas Sarkozy s'épargne ainsi le risque d'une éventuelle confrontation dans la rue. Une réaction spontanée, incontrôlée, que le chef de l'Etat connait bien, et redoute, pour avoir été confronté il y a trois ans à la guerre des banlieues.