Quelle étrange campagne pour les élections européennes, qui démarre sur une Rachida Dati apparemment désinvolte. La garde des sceaux, n°2 de la liste UMP pour l'Île-de-France, a répondu de manière décousue, dans un éclat de rire, sur le nucléaire, sur les institutions de l'Union, mercredi soir lors d'un meeting des jeunes UMP à l'Assemblée nationale. L’extrait est un des tubes du Net depuis jeudi, sacré coup de pub, malgré elle, bien joué, madame Dati, qui a revendiqué l’humour, à défaut de connaître ses dossiers. L'Elysée n'a pas souhaité commenter cet épisode. Il faut dire que le chef de l’Etat s'apprête à entrer en campagne. Nicolas Sarkozy a l'art de cultiver le symbole : il prononcera un discours le 5 mai prochain, à la faveur d'une « réunion républicaine », par définition au-dessus des partis, comme à Saint-Quentin, pour la révélation sur crise mondiale. La ville choisie devrait être Nîmes, trois ans après le discours pour la France du 9 mai 2006. Il va s'agir cette fois d'un discours pour l'Europe, pour redéfinir les desseins de la France vis-à-vis de l'Union, explique Franck Louvrier, le responsable de la communication de l'Elysée. Le chef de l'Etat enchaînera le 10 mai avec un meeting à Berlin, de nature plus politique, au côté d'Angela Merkel. Nicolas Sarkozy est conscient qu'il joue gros sur un scrutin qui pourrait se transformer en vote sanction. « Ce n'est plus un risque, c'est une réalité », commente son entourage. La difficulté est de relancer une campagne atone, loin des préoccupations du quotidien, que les Français découvrent à la faveur du fou rire de Rachida Dati. « Ce n'est pas très malin », se désole un responsable de la majorité, « la politique est quelque chose de sérieux, surtout à un moment où la crise n'épargne personne ». En attendant le résultat des élections européennes.