Les Clercs obscurs, par Antoine Albertini.Journaliste rédacteur en chef-adjoint du mensuel Corsica, Antoine Albertini est également le correspondant du journal Le Monde en Corse, et co-auteur avec Frédéric Charpier des "Dessous de l'Affaire Colonna", aux Presse de la Cité. Voici l'édito qu'il publie dans le numéro d'octobre de Corsica sur le traitement "éculé" de la Corse par la presse nationale.
Les clercs obscurs
C'est facile et ça ne mange pas le pain des Français, ça fait plaisir au lecteur, ça flatte l'idée d'une France trop bonne encore de ne pas envoyer valser la Corse, elle qui ne peut plus danser au grand concert des Nations... Tu ne le savais pas, mais tu es coupable, ami lecteur. Complice, à tout le moins. De quoi ? C'est fort simple : d'habiter sur la même île qu'un type dont tu ignorais jusqu'à l'existence, et qui n'a rien trouvé de mieux à faire que d'aller racketter un autre quidam, pareillement inconnu de toi. Si, si. Coupable. Complice. C'est vrai, puisque c'est Christophe Barbier qui le dit. Comment ? Tu ne sais pas qui est Christophe Barbier ? C'est vrai après tout : qui connaît monsieur Barbier ? Souviens-toi, pourtant : le Barbier coupait déjà les cheveux en quatre sur i>télé face aux impeccables Eric Zemmour et Victor Robert, dans l'émission Ça se dispute. Non, vraiment, ça ne te dit rien ? C'est fort dommage parce que Christophe Barbier, lui, te connaît bien. « Les Corses ont été et sont encore les complices passifs des terroristes et de tous ceux qui violent la loi » glapissait-il sur la chaîne LCI après la visite de Nicolas Sarkozy, fin août. Ça, le Barbier te connaît bien, ami lecteur. Il faut avouer qu'il a été à bonne école : son prédécesseur à la tête de la rédaction de l'hebdomadaire L'Express s'appelait Denis Jeambar et il écrivait parfois des choses comme : « La Corse est une réserve de hors-la-loi. » Lui aussi connaissait bien la Corse. Tu en conviendras, ami lecteur, ce sont des choses qu'on lit parfois - et même souvent - à propos de ta petite île. Dans les dîners parisiens, ça fait même très chic. Et dans les éditos, donc ! Dans le genre, celui d'Yves Thréard (Le Figaro, 29 août 2007) vaut presque autant que celui de Barbier à la télé. C'est une petite chose de deux colonnes où l'on peut déchiffrer, dans une langue assez terne, les mots habituels des pisse-copies en mal d'inspiration insulaire : omertà, encagoulés, chantage, désordre, crime... C'est facile et ça ne mange pas le pain des Français, ça fait plaisir au lecteur, ça flatte l'idée d'une France trop bonne encore de ne pas envoyer valser la Corse, elle qui ne peut plus danser au grand concert des Nations. Mais une chose t'étonne, ami lecteur. Pourquoi réserver un tel traitement à ton île ? Pourquoi les éditorialistes n'étendent-ils jamais leur raisonnement à l'ensemble national ? Voyons, toi et moi, dans le secret de notre dialogue sur papier glacé, ce que pourrait donner ce petit jeu. Coupables, donc : les voyageurs de la gare du nord à Paris qui ont laissé les hordes barbares s'entrelarder à coups de machette sur les quais ; coupables aussi, les habitants de toutes les cités d'Ile-de-France ou d'ailleurs qui ferment les yeux sur le trafic de drogue et le racket des quelques caïds analphabètes ; coupables, toujours, les milliers de petits actionnaires qui se laissent dépouiller par les patrons voyous, les descendants des - nombreux - collabos français de la Seconde Guerre mondiale, les chauffeurs de taxi parisiens qui se montrent indélicats avec la clientèle étrangère ; coupables encore, les loueurs de taudis où s'entassent des familles entières en attendant qu'un système électrique défaillant ne les expédie en enfer... Tu l'avoueras, ami lecteur, le jeu pourrait durer encore longtemps. Problème : non seulement, c'est un amusement assez stupide puisqu'on sait depuis longtemps, qu'on ne peut réduire une population à ses éléments les plus marginaux ; mais en outre, plus personne n'ose y jouer depuis environ 1945, quelques années après que beaucoup de journalistes, comme aujourd'hui Christophe Barbier, eurent écrit de vilaines choses sur certains Français qui ne l'étaient pas assez à leurs yeux. Mais en ce qui concerne ces salauds de Corses, en revanche, tout est permis : attaques injustifiées, généralisation, poncifs les plus éculés... Ça me fait dire, ami lecteur, que Barbier et tous les siens ne sont finalement que des éculés. Des gros éculés. Des gros gros éculés. Et tout ça, je l'écris sans haine. Ou sans « n », ami lecteur, comme tu voudras... Antoine Albertini Jeudi 01 Novembre 2007
Jean-François Achilli
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Edito
Nouveau livre : Les Hypocrisies FrançaisesAu Cherche Midi, sortie en librairie le 24 avril 2008. Jean Christophe Lagarde, entretiens avec Jean-François Achilli.
Qu'est-ce qui empêche la France de se réformer ? Quels sont donc ces maux typiquement français, générateurs d'inégalités et d'injustice, qui semblent rendre notre pays ingouvernable ? Peut-on être une femme ou un homme politique, et peser sur le cours des événements ? Peut-on s'inscrire dans l'action politique, tout en respectant ses propres convictions, sans trop de concession avec le système ?
Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, pourfend ici ce qu'il dénonce comme étant « les hypocrisies françaises », et qui sont aussi bien celles des élus que des électeurs. Un état des lieux clinique de ces dysfonctionnements, de ces comportements parfois égoïstes, de ces us et coutumes souvent dépassés qui depuis de trop longues décennies fabriquent de l'injustice et contribuent à paralyser une partie de l'action publique. Sur la faible représentativité de nos institutions politiques, l'illusion de la grandeur de la France, le droit de vote des immigrés, les ghettos de riches et les ghettos de pauvres, la consommation des drogues, le mariage homosexuel, l'école à deux vitesses, la facture de la santé, la relation parfois ambiguë entre pouvoir et médias… sujet après sujet, ce « jeune » élu fait entendre une autre voix, libre et décalée. Jean-Christophe Lagarde, 40 ans, est maire de Drancy depuis mars 2001 et député de la cinquième circonscription de Seine-Saint-Denis depuis juin 2002. Il s'est fait connaître pour ses positions pendant les émeutes de novembre 2005, mais aussi en créant la cantine gratuite dans les écoles de sa ville. Soutien de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2007, il a rejoint ensuite les rangs du Nouveau Centre. L'entretien est mené par Jean-François Achilli, 45 ans, chef adjoint du service politique de France Inter, qui a notamment couvert la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy. Collection « Documents » 384 pages (14 x 22) – 20 € Jean-François Achilli
13/04/2008
En librairie
«Sarkozy, carnets de campagne» & «Jusqu'ici tout va bien»Deux ouvrages consacrés à la personnalité et à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Publié en mars 2006 chez Robert Laffont, "Sarkozy, carnets de campagne" débute avec l'élection du futur président à la tête de l'UMP. Le premier chapitre s'intitule "La Firme Sarkozy", et décrit la machine de guerre qui accompagnera le candidat jusqu'à sa conquête de l'Elysée. Ces carnets compilent des choses vues et entendues au jour le jour. Au cours de ses déplacements effrénés, Nicolas Sarkozy se confie sans retenue sur tous les sujets, ses adversaires, sa vie privée, son avenir. Des scènes souvent surprenantes, des anecdotes, des confidences inédites... Un récit de terrain, un portrait en action, de celui qui n'a rien changé, ou si peu, depuis son élection.
Cet ouvrage a été publié par Ramsay en février 2007. Il fait suite aux précédents "Carnets". C'est l'histoire d'un candidat à la fonction suprême qui, au fur et à mesure de son parcours semé d'embûches, se répèterait comme pour se rassurer : "jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien"… Les temps, depuis l'élection, n'ont guère changé, dans l'esprit et dans le rythme. Un récit ponctué par les témoignages de Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Balkany, Léo Battesti, Guy Bedos, Stéphane Bern, Pierre Charon, Bernard Debré, Arno Klarsfeld, Charles Pasqua et d'autres encore.
Jean-François Achilli
25/01/2007
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Lundi 14 avril 19H30 : Patrick Devedjian invité du Franc Parler sur France Inter et I-téléEn direct et en simultané sur i>TELE et France Inter, un invité politique répond au feu roulant des questions de trois journalistes réunis sur le plateau. Un rendez-vous hebdomadaire incontournable où le franc-parler est de rigueur. Lundi 14 avril, Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, face à Raphaelle Bacqué, Thomas Hugues et Jean-François Achilli.
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