Nicolas Sarkozy a voulu dire "j'ai entendu le message". Mais avec ce remaniement technique, annoncé par un simple communiqué, le chef de l'Etat ne s'adresse pas à ses électeurs, mais en priorité à ses parlementaires, qui se réunissent ce mardi matin autour de Jean-François Copé, pour une séance d'explication collective. La famille UMP est en proie au doute, voire au bord de l'implosion.
Un chiraquien, un villepiniste, un centriste. Pas sûr que ces entrées calment les inquiétudes. Prenez François Baroin, un bébé Chirac, une voix critique, notamment sur les déficits, il est pris au mot et se retrouve neutralisé au budget. Georges Tron, déjà courtisé par le passé, est depuis longtemps oublié des Villepinistes, qui ne vont pas se calmer. Quand à Marc-Philippe Daubresse, les centristes réclament au contraire plus d'indépendance, le retour d'une deuxième force, et non pas une concentration à l'Elysée. Les sarkozystes fidèles s'estimaient lésés hier soir. Quant à ceux qui ne veulent plus de l'ouverture - quasiment toute la majorité - ils réclamaient une tête, qui n'a pas roulé, Martin Hirsch étant un cas à part, il souhaitait s'en aller.
Xavier Darcos devient, malgré lui, l'emblème d'une défaite, partagée par sept autres membres du gouvernement, qui eux ne bougent pas. Quant à Eric Woerth aux affaires sociales, c'est un homme sûr et solide qui reprend la main d'une négociation, celle des retraites, considérée majeure par le chef de l'état, réforme qui est de toutes les façons pilotée à l'Elysée par le conseiller social Raymond Soubie. Nicolas Sarkozy envoie un signal aux siens.
Les Français de tous bords, ceux qui ont manifesté en votant, ou en s'abstenant, devront encore patienter...