« J’ai fait ce que j’avais à faire, c’est désormais à la justice de parler », répète d’ailleurs Nicolas Sarkozy, qui suivra donc depuis New-York les premières heures du procès. « Il se moque de Villepin comme de sa dernière chemise, il ne veut que la vérité, parce qu’il considère que la carrière de son ex-rival est désormais foutue », ajoute un proche du chef de l’Etat, lui qui a promis jadis de pendre « à un croc de boucher » les auteurs des faux listings de Clearstream. « Même quand on se déteste, on s'amuse », aurait lancé en 2006 celui qui allait devenir président, à son adversaire qui était alors Premier ministre et rêvait comme lui de conquérir l’Elysée. Tout les a opposés, eux qui ont grandi dans l’ombre de Jacques Chirac. Dominique de Villepin, l’homme d’appareil, face à Nicolas Sarkozy, la machine de guerre électorale, qui a toujours reproché à son adversaire de ne jamais avoir affronté le suffrage universel. « Regardez comme Villepin s’est agité dans les médias avant son procès, quelle fébrilité, ça va être plus compliqué devant les juges », commente l’entourage présidentiel. La haine est tenace, le croc de boucher n’a pas été rangé.