Récit.
« C’est un job pas facile, un peu tape-dur et très casse-gueule ». La confidence émane d’une personnalité proche de ce nouveau ministre transversal. Quand Nicolas Sarkozy lui fait la proposition jeudi, Patrick Devedjian demande 24 heures de réflexion, ce qui a le don d’agacer le chef de l’Etat, et y met une condition, conserver les Hauts-de-Seine. Dès vendredi, François Fillon lui désigne ses locaux, dans l’hôtel de Cassigny, avec vue sur les jardins de Matignon. Patrick Devedjian fait irruption dans le bureau de Luc Chatel : « très bien, c’est à moi, lance-t-il, vous partez quand » ? Le porte-parole et ses collaborateurs, un peu surpris par le style, déménagent à l’étage. Depuis, le tout nouveau ministre chargé de la relance s’affiche aux côté du Premier ministre. Sa mission va consister à aller sur le terrain chercher des projets susceptibles d’encourager l’investissement, à défendre la prime à la casse après l’avoir critiquée ou encore à sonder les autres ministères pour les motiver en faveur de la relance. Autant dire que la partie n’est pas gagnée. « Son portefeuille est un chapeau à plumes », persiffle l’un de ses détracteurs, « ses collègues au gouvernement ne vont pas supporter longtemps qu’il mette son nez dans leurs affaires ». Patrick Devedjian va devoir faire preuve de persévérance et de diplomatie. La galère va durer deux ans.