Nicolas Sarkozy en est bien conscient: après ses promesses de campagne, les résultats n'y sont pas. Et beaucoup reste à faire. Le chef de l'Etat le dit lui-même: "les mesures mises en oeuvre ne se traduisent pas encore par des améliorations visibles dans notre vie quotidienne". Et voilà. Le reconnaître est pour lui une façon de contrer, par avance, toute polémique sur son bilan, après huit mois de présidence. Pour justifier ce retard à l'allumage et calmer les attentes des Français, Nicolas Sarkozy évoque l'héritage. Une France qui a pris du retard sur la marche du monde, qui a nécessité l'urgence dans tous les domaines, choc fiscal et social, pouvoir d'achat ou modernisation de l'Etat. Et puis il y a cette annonce surprenante, cette "politique de civilisation" qu'il appelle de ses voeux. Qui signifierait d'aller puiser en nous l'essentiel, en tenant compte de la culture, de l'identité, des valeurs, de notre façon d'être. Nicolas Sarkozy quitte le registre du concret, du réel, juste pour gagner du temps. Les Français à qui le candidat avait promis des réformes vite et des résultats tout de suite sont priès d'attendre plus longtemps que prévu.