C'est un peu le mystère du jour : « nous n'avons pas encore cette liste », déclare l'Elysée ce soir. Quant au ministère de la justice, il botte en touche, « c'est à la présidence de la République de communiquer sur le sujet ». Officiellement, seuls certains détenus dits « méritants », qui se seraient distingués notamment par un acte de courage ou une attitude exemplaire, devraient bénéficier de cette mesure de grâce. Nous avons joint Maitre Jacques Trémolet de Villers. L'avocat de Jean-Charles Marchiani rappelle que le chef de l'Etat, avant l'été, avait déclaré qu'une demande de « grâce partielle » était à l'étude, concernant l'ancien préfet écroué depuis six mois. L'ex-homme de confiance de Charles Pasqua, l'un des artisans de la libération des otages français au Liban, récemment condamné pour corruption, est-il aujourd'hui un détenu « méritant » ? Maitre Jacques Trémolet de Villers, avec un brin de malice, rappelle que son client s'est rendu de lui-même à la Santé pour y être incarcéré. Et qu'il fait preuve d'une belle assiduité au procès de l'Angolagate. Même si l'avocat ne dispose en réalité d'aucune information concrète, la remise en liberté de Jean-Charles Marchiani apparait aujourd'hui comme tout à fait probable.