La vice-présidente du FN a certes durci le ton parce qu'elle fait campagne au sein de son propre parti, contre Bruno Gollnisch. Mais pas seulement: Marine Le Pen vise 2012, et inquiète la droite dite traditionnelle. Mais la gauche pourrait ne pas être épargnée par la montée des populismes.
Peut-il y avoir un 21 avril à l'envers ?
Il y a ceux, à l'image de Jean-François Copé, qui estiment que l'UMP est en danger électoral. Le pire peut arriver, celui de voir la fille de son père surfer sur toutes les peurs et reprendre les parts de marché que le Front National a cédées en 2007 à Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen, si elle succède à son père, a de quoi affoler tous les compteurs. Elle rajeunit l'image du FN, elle s'adresse aux classes moyennes qui subissent la crise de plein fouet, elle s'attaque au bilan du chef de l'Etat là où ça fait mal, sécurité, immigration, ces sujets qui ont porté Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et qui déçoivent aujourd'hui ses électeurs.
Mais d'autres à l'UMP, c'est le cas de Brice Hortefeux, se montrent plus confiants, en estimant que Marine Le Pen fait autant de dégâts à droite qu'à gauche. La vice-présidente du FN fait vibrer la corde sensible des populations les plus modestes, et son discours teinté de populisme social transcenderait tous les clivages politiques. Marine Le Pen demeure aujourd'hui une inconnue, une sorte d'ogre capable de déstabiliser tout le débat politique. Exactement comme son père.