Edito
Ministre-candidat en AveyronC’est sa troisième visite depuis le lancement de sa campagne officielle, il y a cinq jours : Nicolas Sarkozy se déplace dans l'Aveyron aujourd'hui. Le ministre de l'intérieur assiste ce matin à une démonstration du Viaduc de Millau, et se rend ensuite dans un pôle d'excellence rural. Il interviendra en fin de matinée devant les « forces vives » du département, au Théâtre de la Maison du peuple, ça ne s’invente pas. Depuis quelques semaines, l'opposition et l'UDF contestent sa double casquette de membre du gouvernement et de candidat à l'élection présidentielle, et dénoncent un mélange des genres.
Mais qui donc propose devant les élèves de Supélec à Saclay, dans l'Essonne, hier, d'augmenter de 4 milliards d'euros le financement de la recherche publique ? Ce n'est pas le candidat soutenu par l'UMP, mais le ministre d'Etat. « Il ne s'agit pas d'une promesse », explique Nicolas Sarkozy, « mais d'une nécessité ». Il n'est donc pas officiellement en campagne ce jour-là.
Pour riposter aux critiques, les porte-parole ont pour mission de parler le plus simplement du monde de cette dualité. Ainsi, mercredi matin, premier point de presse au QG rue d’Enghien à Paris, Rachida Dati dévoile le programme d'entrée en campagne officielle de Nicolas Sarkozy. « Nous avons deux déplacements prochains à Saclay et dans l'Aveyron en sa qualité de ministre d'aménagement du territoire », dit-elle, « et en tant que candidat, il y aura des déplacements dans le sud de la France la semaine prochaine », ajoute la porte-parole. Son collègue Xavier Bertrand rappelle lui-même qu'il conservera son portefeuille de la santé parce qu'il n'est « pas aux 35h ». Ministre et candidat à la fois, « c'est un mélange des genres avec l'appareil de l'Etat comme on en a rarement vu », estime le centriste Maurice Leroy. « Il est normal que Nicolas reste, il doit achever son travail au gouvernement, notamment le vote final de la loi de prévention de la délinquance, c'est également lui qui met en place la loi d'immigration en France », se défend son entourage. Les choses sont dites de façon à tenter de les banaliser. Il en ira de la sorte, jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy rende un jour les clefs de la place Beauvau. Jean-François Achilli Vendredi 19 janvier 2007 Jeudi 18 Janvier 2007
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Chroniques 2012