C'est l'un de ses engagements pris au sortir de la défaite de la majorité aux élections régionales: un projet de loi d'interdiction, sans ambigüité, dont le chef de l'Etat avait déjà fait l'ébauche au Congrès de Versailles. C'était il y a presque un an, le 22 juin 2009, Nicolas Sarkozy avait martelé devant les députés et les sénateurs que la burqa, "signe d'asservissement", et n'était "pas la bienvenue en France". Jean-François Copé s'était emparé du débat au début de l'hiver, prônant une interdiction dans l'espace public, et promettant une proposition de loi, jugée trop radicale par une partie de son camp. Le chef de l'Etat entretemps avait récupéré le sujet, en le durcissant au passage, optant pour une interdiction totale dans tout l'espace public, y compris dans la rue, jugeant que le port du voile intégral "ne posait pas un problème d'ordre religieux, mais portait atteinte à la dignité de la femme". Et tant pis si le texte en préparation présente un éventuel risque constitutionnel. L'essentiel n'est pas là pour l'Elysée. Nicolas Sarkozy veut de nouveau montrer ses muscles, rassurer ses parlementaires, qui auraient tendance à douter et à regarder ailleurs, et à ses électeurs, qui soit se sont abstenus, soit sont allés voter Front National.
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