Cela s’appelle changer d’avis. Nicolas Sarkozy était parti pour faire machine arrière, adoucir son propos, devant les milliers de militants venus l’acclamer à Nantes. Certes, le candidat ne voulait en rien se renier sur le fond. "Poser des conditions pour continuer à accueillir des migrants, exiger de leur part le respect des valeurs et de notre identité, c’est une position de bon sens", a-t-il plaidé. Mais conscient du tollé soulevé par l’appellation de son futur ministère dit "de l’immigration et de l’identité nationale", notamment dans les rangs centristes de l’UMP, Nicolas Sarkozy avait prévu d’en changer l’intitulé. C’était le clou de son discours, le futur portefeuille devait se transformer en "ministère de l’immigration et de l’identité républicaine". Des mots plus apaisés, censés lever les accusations de flirt avec les idées du Front National. Mais un sondage est tombé l’après-midi. Une enquête Opinionway pour le Figaro et LCI, selon laquelle 55% des Français étaient favorables à ce ministère de l’identité nationale. Ainsi rassuré, Nicolas Sarkozy a finalement décidé de ne rien changer, reprochant à la gauche de lui faire un mauvais procès. Il l’a confirmé lui-même : il ira chercher pour le premier tour tous ces gens qui ont voté Front national ces républicains perdus dans l’impasse du vote extrémiste.