Jean-François Achilli Blog

Nicolas Sarkozy veut prendre les nationalistes corses de vitesse

Le chef de l'Etat s'est déclaré hier en Corse ouvert au dialogue, y compris sur le problème des prisonniers corses détenus sur le continent. Le chef de l’Etat veut garder la haute main sur le dossier Corse, et promet un conseil des ministres décentralisé avant la fin octobre à Ajaccio.



Arrivée sur le chantier de Bocognano
Arrivée sur le chantier de Bocognano

Le dialogue, oui, mais à visage découvert. Nicolas Sarkozy fait un geste en se disant prêt à discuter avec les familles de certains détenus insulaires, en vue de leur rapatriement dans l’île, invoquant la douleur et l’éloignement. Un éventuel rapprochement peut être envisagé, au cas par cas. Rachida Dati, présente hier en Corse, sera chargée de cette question sensible, Le dossier Corse restant toutefois piloté par Claude Guéant à l’Elysée. Le Comité anti-répression nationaliste chiffre à 63 le nombre de détenus avec 22 d’entre eux en droit d’être immédiatement rapatriés. L’Elysée révise ces chiffres à la baisse et parle pour l’instant de trente prisonniers seulement avec quatre cas transférables. En s’emparant du sort des détenus Corses, mais en se disant également prêt à aller très loin dans le développement de l’île, Nicolas Sarkozy cherche à priver les nationalistes de leur principale revendication. Le chef de l’Etat prône une révolution culturelle se dit prêt à reconnaître une identité corse, déclinaison insulaire de son identité nationale, mais dans le cadre de la République.

Mercredi 29 Août 2007
Jean-François Achilli


1.Posté par Paddy le 29/08/2007 09:55
Bonjour !
Je ne connais pas grand chose au problème corse, je l'admets. D'où ma question : qu'entend le président par "reconnaître une identité corse, déclinaison insulaire de son identité nationale, mais dans le cadre de la République" ? Concrètement, ça va se traduire comment ?

2.Posté par jean-François Achilli le 29/08/2007 13:56
Très bonne question! L'identité passe par la langue, notamment. Il est essentiellement question de favoriser l'apprentisage du Corse à l'école. Des dispositifs conséquents existent déjà (classes bilingues), mais s'avèrent insuffisants. Encore faut-il qu'il y ait une réelle volonté localement de réapprendre la langue. L'autre volet de la reconnaissance de cette identité corse passe bien évidemment par un soutien à la culture, sous toutes ses formes. Un projet d'extension de France 3 vers une chaîne satellite est dans les cartons. Mais Via Stella (c'est son nom) faute de crédits et de motivations diverses a pris du retard. Revendiquer une identité pour les Corses mais dans le cadre de la République est pour Nicolas Sarkozy une manière de couper l'herbe sous les pieds des nationalistes. Amicalement, Jean-François Achilli.

3.Posté par Paddy le 29/08/2007 15:26
Merci pour cette réponse rapide et claire ! Heureux Corses donc, qui vont voir développer les moyens consacrés à l'expression de leur culture, ce dont on ne peut que se réjouir. Sur l'apprentissage de la langue régionale, ça décoiffe : la droite ne nous avait pas habitués à un tel volontarisme ! (La gauche encore moins, d'ailleurs !) Qu'en penseront Basques et Bretons, qui revendiquent pas mal là-dessus eux aussi ? En ce qui concerne les derniers, question culture, apparemment, ils ont su se débrouiller assez joliment sans aide et sans grand tapage. (Musique, littérature notamment.) Mais là-bas comme en Corse, question langue, c'est toujours la léthargie, faute d'un vrai soutien. (Combattu, d'ailleurs, par les syndicats enseignants nationaux). Puisque chez nous, on aime bien se référer à des "modèles", quid de celui de l'Espagne, concernant les régions ? N'y-a-t-il pas risque de surenchère de la part des nationalistes les plus durs ?
Amicalement,

4.Posté par lo le 31/08/2007 15:54
léthargie? manque de vrai soutien? L'engagement des professeurs de langue corse est-il lui aussi à la hauteur? Et que dire de l'Université de Corte? Renfermée sur elle-même, piètre image du génie corse, professeurs endoctrinés ou mercenaires continentaux. Où est l'excellence? Il suffit pour cela de voir qui la dirige. Le vrai défi pour la Corse et d'abord d'offrir un enseignement de qualité pour ouvrir les esprits, pour permettre aux jeunes générations de s'intégrer dans la République. Aujourd'hui c'est le repli sur soi qui devient la règle. Trop nombreux sont les jeunes Corses qui n'ont pour ambition d'étudier à Corte que pour rester en Corse. Avec un tel état d'esprit et un endoctrinement nationaliste par dessus, l'avenir de la Corse ne paraît pas sur les bons rails.

5.Posté par jean-François Achilli le 02/09/2007 11:26

6.Posté par Alexandre-Guillaume Tollinchi (UMP) le 02/09/2007 15:25
Jean-François le dit avec justesse : encore faut-il qu'il y ait une réelle volonté localement.

Pour ce qui concerne Ajaccio, force est malheureusement de constater que si la municipalité - merci Simon Renucci - se fait le chantre de la langue corse en période électorale, via Pascal Miniconi, dans les faits aucune initiative n'est entreprise depuis sept ans. Dire que le site officiel de la ville n'est même pas bilingue, à l'exception d'une seule page !

Autre chose pour "lo" : le vrai défi pour la Corse n'est certainement pas "d'offrir un enseignement de qualité pour ouvrir les esprits et permettre aux jeunes de s'intégrer dans la République" !!! Foutaise. Notre défi est de permettre aux jeunes corses de bénéficier d'un enseignemnt de qualité afin de se maintenir sur l'île, de favoriser l'esprit d'entreprise, et de stopper l'exil. Dans quel but ? L'autonomie. Que les jeunes corses puissent enfin avoir le choix de vivre sur l'île et d'y fonder leur famille ! Qu'on arrête de dire "les nationalistes de ci, les nationalistes de là" ; Corté est une université à développer, avec des annexes à installer sur Ajaccio et Bastia. Un enseignement par correspondance doit également intervenir. "Lo" ne connaît sans doute pas beaucoup la situation insulaire pour affirmer que la seule ambition des jeunes Corses est d'étudier à Corter pour rester en Corse. Leur première ambition, c'est de réussir. Et qu'ils souhaitent réussir en Corse, c'est plutôt une bonne chose ! A nous de leur en donner les moyens. Voilà l'avenir de la Corse, un avenir où les jeunes ne prennent pas systématiquement le bateau.

7.Posté par Alexandre-Guillaume Tollinchi (UMP) le 02/09/2007 15:26
Et que l'endoctrinement jacobin cesse un peu... ça ne fonctionnera jamais, c'est peine perdue en Corse. Heureusement.

8.Posté par Achilli le 03/09/2007 10:07
Cher Alexandre-Guillaume, très belle connaissance d'Ajaccio! Heu... je me baigne sous la citadelle, plage Saint-François, quand je n'ai pas le temps d'aller à Capo. Rien à craindre pour moi? Pas de boues noires? Merci de me répondre. Jean-François.

9.Posté par lo le 03/09/2007 18:00
Pour Alexandre-Guillaume: j'ai vécu en Corse...

10.Posté par lo le 04/09/2007 00:56
Toujours pour Alexandre-Guillaume: je suis petit-fils d'émigrés et l'endoctrinement jacobin et la République ont juste offert une nouvelle vie à mes grands-parents. L'éducation républicaine m'a permis de faire des études supérieures que mes parents n'ont pas eu la chance de faire. L'ambition de l'éducation c'est d'ouvrir l'esprit, c'est de donner les clefs pour faire un choix en toute liberté. L'avenir de la Corse c'est certes ceux qui restent mais c'est aussi ceux qui partent pour la faire rayonner à l'extérieur. Une culture ne vit que si elle s'ouvre au monde. C'est ce qu'offre la République.

11.Posté par Alexandre-Guillaume Tollinchi (UMP) le 04/09/2007 10:18
Cher Jean-François,

Pas de boues sur St François en tant que tel quoique les sorties ne soient pas très loin (Bd Rossini) et visibles à l'oeil nu. Notamment aux abords des rochers près du skate park... enfin si on peut lui donner ce nom vu l'horreur de l'ouvrage. Au menu : lessive, nettoyage de la piscine, déchets du quartier quasiment pas filtrés... Le pire reste les Salines où la baignade est carrément interdite. Or la proximité avec le port ne justifie en rien le déversement direct dans la mer... Plus loin, sur la route des Sanguinaires, notamment vers l'Ariadne, on est parfois dubitatif. Selon les jours, selon les pannes de la station d'épuration. Là, le risque n'est pas assez élevé pour justifier une interdiction de baignade mais bon..

Pour "lo" : on est tous des enfants d'immigrés. Avant d'être française, la Corse était italienne... Je comprends bien votre propos, votre vécu, votre expérience. Ces éléments sont utiles... sur le Continent. Je m'explique, n'y voyez aucun mauvais esprit. On ne peut pas réduire une situation particulière à un projet de développement pour une communauté de plusieurs centaines de milliers de personnes. La situation insulaire n'a rien de comparable avec la situation continentale, sur un certain nombre de sujets. En Corse, nous avons besoin de tout sauf d'un endoctrinement jacobin : écoutez les Corses, ils votent majoritairement Sarkozy tout en défendant bec et ongle leur identité. Il n'y a qu'à voir la polémique relative à l'école bilingue de Porticcio. Regardez le monde d'aujourd'hui, l'Europe : il y a des statuts d'autonomie en quantité. Excusez-moi : Malte, où le Président Sarkozy a passé ses vacances d'investiture, la Principauté d'Andorre, que je connais bien pour y avoir de la famille, et tant d'autres petits Etats ou micro-régions ne vivent pas mal leur autonomie voire même leur indépendance. La Corse gagnerait à plus d'autonomie... Là où je vous rejoins : "L'ambition de l'éducation c'est d'ouvrir l'esprit, c'est de donner les clefs pour faire un choix en toute liberté. L'avenir de la Corse c'est certes ceux qui restent mais c'est aussi ceux qui partent pour la faire rayonner à l'extérieur. Une culture ne vit que si elle s'ouvre au monde." Oui. Cent fois oui. Il n'y a qu'à voir le rôle majeur de la diaspora corse dans le monde. J'en discutais avec mon cousin, José Tollinchi, patron de la diaspora en Amérique-du-Sud et qui a initié un superbe partenariat universitaire Puerto-Rico / Corti avec l'aide du Dr Edmond Simeoni. Donc oui, cent fois oui. Mais aucun rapport avec l'esprit jacobin ! Le jacobinisme n'offre pas un choix en toute liberté, il impose une doctrine centraliste.

12.Posté par JF R-M le 05/09/2007 10:57
chers amis jacobins autocentrés sur votre grandeur passée regardés l'europe autour de vous. vous constaterez ques des nations existent en laissant une large autonomie et les pouvoirs afférents notamment dans le domaine de la culture à leur région.
je vous signale que la liberté s'arrette ou commence celle des autres. permettez moi de vous dire, chers amis jacobins, que vos principes heurtent ma liberté. je ferais part d'un seul souhait celui de nous ignorer.
amicalement

13.Posté par Luccantoni Gérard le 08/11/2007 13:16
La Corse est une Nation. Les Corses forment un Peuple dont l'histoire est beaucoup plus ancienne que la France moderne. Clovis (à qui l'on attribue les origines de la France) n'était pas encore un spermatozoïde que la Corse était un Etat constitué sous protectorat du Pape. La République de Gênes n'a jamais été propriétaire du territoire Corse. Elle disposait d'un concordat pour l'exploitation de comptoirs commerciaux sur les côtes Corses. Louis XV était un escroc. Il a acheté la Corse aux Gênois pour avoir le prétexte d'occuper ainsi un territoire qui, en réalité, était indépendant par un traité de paix. Ces faux-culs de Gênois, ruinés par les guerres qu'il menaient contre les Toscans, ont vendu au Roi de France un territoire qui ne leur appartenait pas. La France possède donc un document de propriété qui n'est qu'une "fausse facture". C'est entre le Xe et le XIIIe siècle que les noms de famille Corses ont été enregistrés par "l'Etat-Civil" clérical à l'occasion des baptêmes des mariages et des décès constatés par l'Eglise romaine. Dans la tradition Corse, le Droit du sol n'existe pas. Un Dupont qui naît à Bastia n'est pas Corse, mais parisien. Inversement des Corses naissent à travers le monde et sont considérés comme des Corses avant d'être américains, Anglais ou Vietnamiens... En fait, c'est un peu comme les Juifs. Quand on s'appelle Levy ou Cohen, on est juif où que l'on soit né dans le monde. Un nom de famille Corse se différencie d'un nom italien pour celui qui en connaît les subtilités. Le statut particulier de la Corse actuel est de la poudre de perlinpimpin. Sans aucun pouvoir décisionnaire. Ce qu'il faut à la Corse, c'est un Statut de région autonome comme en Sardaigne. Bien sûr, dans le cadre européen. Mais bon, c'est une autre histoire. Les jacobins parisiens n'ont jamais rien compris à la Corse et le problème, en l'état est insoluble !