Cela n'est plus arrivé depuis François Mitterrand chez Yves Mourousi c'est le chef de l'Etat qui se rendra à la télévision, et pas l'inverse. Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy souhaitait s'adresser aux Français les plus sceptiques, les plus rétifs à l'Europe. Franck Louvrier, le conseiller à la communication, précise : « ce choix n'est pas calculé, mais il lui permettra de parler directement aux régions mais aussi de souligner son attachement à la télévision de service public ». Le chef de l'Etat, en fait, a saisi une opportunité. Cela fait trois ans que Paul Nahon voulait obtenir une interview du président de la République. Jacques Chirac et son successeur se sont toujours cantonnés à TF1 et France 2. La formule d'une interview d'une heure, avec quatre journalistes en studio à Paris et quatre autres en direct de Rennes, Toulouse, Strasbourg et Lille, a séduit l'Elysée. Nicolas Sarkozy veut envoyer un signe d'apaisement en direction des personnels de France Télévisions, inquiets pour leur avenir. Ou comme le résume son conseiller, « un signal fort, adressé à la fois à la France des régions et à la chaîne de télévision qui reste la préférée des Français ».