C’est la ligne officielle, « pas de rançon », jamais. D'ailleurs, comment pourrait-on légitimement dire autre chose, sans susciter des appétits chez tous les candidats à la prise d'otage ? Ce serait aussi un très mauvais signal adressé aux ravisseurs des neuf autres Français détenus dans le monde, notamment au Sahel, au Yémen et en Somalie, là ou les motivations des preneurs d'otage sont autant mercantiles, si ce n'est plus, que politiques. Officiellement donc, pas de rançon, mais on sait bien que les états ont des budgets secrets, des enveloppes qui servent à cela, certains pays d'ailleurs, comme les Italiens ou les Espagnols, ne se cachent pas de payer pour obtenir la libération de leurs otages. On a plusieurs fois évoqué le million de dollars, par personne, comme le chiffre de référence en quelque sorte. Des chiffres évoqués d'ailleurs, il y en a eu, en février 2010 le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, avait déclaré que le gouvernement français avait déjà dépensé plus de dix millions de dollars dans cette affaire Ghesquière et Taponier. En plus d’être indélicate, cette sortie avait beaucoup compliqué les choses, les ravisseurs interprétant ce chiffre comme le montant de la rançon dont ils s’étonnaient, par ailleurs, de ne pas avoir vu la couleur. La rançon, dont on ne parlera pas officiellement, sera probablement partagée entre les ravisseurs locaux de la vallée de la Kapisa, le commandement politique des Talibans et les responsables militaires du mouvement basé au Pakistan.