Patrick Devedjian : le fait que Nicolas Sarkozy soit partie civile dans un procès, moi je trouve que c'est un signe de santé. Parce que de toute façon, s'il n'avait pas été partie civile, il aurait été accusé d'avoir influencé, agit, ayant eu les moyens de le faire, sur l'organisation de la justice. En étant partie civile il dit "moi je suis transparent, oui je veux la condamnation de gens qui sont recherchés". Et donc, "j'agis à visage découvert. Vous pouvez juger de ce que je pense, de mon attitude. Tout le monde le voit. Je me conduis comme tous les Français". Ce n’est pas banal d'avoir un ancien Premier ministre traduit en correctionnelle. Si c'est vrai, je ne sais pas, si c'est vrai c'est une affaire d'État, parce que ça ne vous rappelle rien la falsification d'un bordereau pour faire accuser quelqu'un ? Cent ans après, est-ce que c'est toujours possible ?
Jean-François Achilli : vous faites mention à l'affaire Dreyfus ?
Patrick Devedjian : ça n'a peut-être pas la dimension de l'affaire Dreyfus et ça n'a pas la connotation de l'affaire Dreyfus naturellement, mais dans le mécanisme, c'est exactement le même, c'est-à-dire la falsification d'un bordereau en vue de faire accuser un innocent. C'est bien là, on est bien au cœur de la morale de l'État, c'est-à-dire est-ce que c'est toujours possible ça, cent ans après ? Et c'est en cela que le procès a une valeur exemplaire. Vous êtes au gouvernement, vous vous croyez tout permis. Peut-être ça l'est plus ou moins quand vous y êtes et encore ! Mais en tous les cas, après vous, sachez que la transparence se fera et qu'on vous demandera des comptes.