De 2 à 8 sièges d’avance pour la majorité seulement, autant dire pas grand-chose : cette nouvelle estimation officieuse donne des sueurs froides à Gérard Larcher. Le président du Sénat a refait ses comptes et revu ses prévisions à la baisse. 170 sénateurs sur 348 vont être renouvelés dimanche. Comme le vote reste très personnel en zone rurale, les projections en voix restent difficiles, la gauche peut encore l’emporter. « Ça va se terminer d’une courte tête », prédit une sénatrice. Deux des trois ministres engagés dans la bataille, Chantal Jouanno et Maurice Leroy, devraient être priés de quitter le gouvernement pour apporter leurs voix à Gérard Larcher. Mais pas Gérard Longuet. Seul le ministre de la défense serait autorisé à rester à son poste, en raison des conflits en cours, en Libye et en Afghanistan.
Une candidature sera regardée à la loupe, celle de Pierre Charon à Paris : le candidat dissident, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a maintenu sa liste face à celle de Chantal Jouanno. Au risque de faire élire un élu du PC, le secrétaire général du parti Pierre Laurent, affirme Philippe Goujon, le patron de la fédération UMP de Paris, pour qui « voter Charon, c’est voter communiste ». Pas de réaction hier de Pierre Charon, si ce n’est un grand éclat de rire.
A méditer pour le PS : « L’Humain d’abord », le livre programme du Front de Gauche, lancé à la Fête de l’Huma, au prix de 2 euros, s’est déjà vendu à 75 mille exemplaires.
Pendant que la justice entend des proches de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Karachi, les ministres tentent de parler d’autre chose. A l’image de Nadine Morano, qui a déclaré en meeting avec Jean-François Copé à Lyon : « docteur Strauss et Mister Kahn, mesdames, nous avons échappé de peu à un couvre-feu à 18h30 ». La classe.
Un sondage TNS Sofres pour la matinale de Canal+ révèle que les Français n’ont guère apprécié la prestation de Dominique Strauss-Kahn sur TF1 dimanche soir. Son image se serait dégradée, pour un tiers des personnes interrogées.