Rappel des épisodes précédents : Cécile Duflot en quittant l'Elysée affirme qu'aucun arbitrage n'a été rendu sur la taxe carbone, contrairement aux affirmations de François Fillon. Le lundi, en marge de son voyage à Brasilia, le chef de l'Etat contredit « Madame Soufflot », comme il l'a nomme, et donne raison à son Premier ministre. Piquée au vif, Cécile Duflot sur France Inter rétablit sa vérité:
- C'est dingo cette histoire. Moi je vais vous raconter la stricte vérité. On avait accepté l'invitation le lundi en début d'après-midi. Ensuite, on découvre le lendemain dans le journal que le premier ministre a donné une interview dans lequel il explique que les arbitrages sont déjà décidés. Donc on se pose la question, est-ce qu'on y va au rendez-vous avec le président de la République le mercredi, ou est-ce que l'on n’y va pas ? On se dit que finalement, on ne sait jamais, la presse peut se tromper, donc on y va quand même. Avec une question préalable, partagée entre Jean-Paul et moi, qu'on posera au président en arrivant, est-ce que oui ou non les arbitrages sont déjà effectués. Et s’il nous avait répondu oui, on serait partis parce que ça ne servait à rien de discuter. On n’est pas partis c'est qu’il nous a répondu non, j’ai été étonnée donc j’ai posé trois fois la question. Et il a répondu trois fois la même chose. C'est vrai qu’il s’est interrogé sur le fait de savoir ce qu’il y avait dans cet article. Est-ce qu'il a menti ou pas? Avant ou après, moi peu m’importe, sur ce sujet, on ne peut pas se moquer, considérer les choses avec désinvolture mais ça a un lien avec ce que vous évoquiez sur le fait que je m’appelle madame Soufflot. Si effectivement il considère les écologistes et les Français avec cette considération-là, ce n’est pas évidemment qu’il le fasse avec la fiscalité écologiste.
Voilà pour le récit. La secrétaire nationale des Verts ne cache pas sa déception au sujet de la taxe carbone:
- Pour nous, c'est une contribution énergie climat. Ce n’est pas un impôt. Une contribution, c'est affecté, c'est-à-dire que l’intégralité des recettes ne sert pas à pallier l’absence du bouclier fiscal, parce qu’en fait c'est ça, c'est un arbitrage de Bercy où on reprend de la main droite aux plus fragiles et aux plus pauvres ce qu'on a donné aux plus riches. C'est en train de devenir ça. Là pour le coup c'est une vraie escroquerie et non seulement, je pourrais ne pas être contente de ce qu'il s'est passé la semaine dernière, mais considérer qu'il y a vraiment trahison totale, qu'on déguise avec un décor écolo quelque chose qui est juste de la fumisterie…
Un avis que partage aujourd'hui un grand nombre d'associations écologistes.