Ce sujet lui tient particulièrement à cœur, depuis de longues années. Nicolas Sarkozy, en visite officielle en Algérie le 14 novembre 2006, était allé s'incliner au monastère de Tibhérine. Abdelaziz Bouteflika avait mis des hélicoptères à sa disposition pour ce déplacement hautement sécurisé. A son retour, celui qui était encore ministre de l'intérieur avait confié avoir été touché par le sort réservé, dix ans auparavant, aux sept religieux décapités. Le candidat Sarkozy est revenu sur cette tragédie deux mois plus tard, dans son discours de la porte de Versailles, en déclarant: « J'ai changé quand j'ai lu à Tibhérine le testament bouleversant de frère Christian, qui m'a enseigné par delà la mort que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand que ce qu'elles peuvent engendrer de pire ». Le chef de l'Etat revendique l'héritage de deux mille ans de chrétienté. La laïcité, selon lui, doit respecter toutes les religions, et non pas les combattre. Une position réaffirmée en décembre 2007 lors du discours du Latran au Vatican, et qui fait polémique depuis. « Nous ne voulons pas être désobligeant à l'égard du gouvernement algérien », confie un conseiller élyséen, « mais la levée du secret-défense devrait permettre d'avancer vers la vérité ».