Un discours relativement court, une demi-heure, volontariste, une redite de ce qu'il avait égrené lors de son « training » télévisé sur France 3, dans le 19/20. Pour lui, le problème irlandais devra trouver sa solution avant décembre. « Nous portons une lourde responsabilité, comment sortir l'Europe de la crise où elle se trouve, il nous faut surmonter nos désaccords, faire de nos différences une opportunité », a déclaré le chef de l'Etat, en guise de préliminaire. Voilà pour la philosophie. Sur le fond, le nouveau président pour six mois de l'UE a revisité ses quatre chantiers prioritaires, déjà connus :
- Le climat, la couche d'ozone n'a pas de frontière. Le monde est condamné si nous n'agissons pas tout de suite, l'Europe se doit d'être exemplaire en la matière. Il est donc essentiel d'adopter le « paquet énergie-climat » déposé par la Commission. Les 27 sont invités à ne pas mégoter, chacun de son côté, sur des points de détails nationaux.
- L'espace Schengen et l'immigration : certes, l'abaissement des barrières entre les pays membres permet la libre circulation des travailleurs. « Je n'ai pas aimé la polémique avec le plombier polonais », a commenté le chef de l'Etat, qui souhaite une contrepartie à cette libéralisation de l'emploi européen : la mise en œuvre du pacte européen sur l'immigration, « la seule façon de responsabiliser le débat est d'en faire une politique européenne sans arrière-pensée ».
- La troisième priorité va à la défense européenne, une condition, selon Nicolas Sarkozy, pour réussir l'Europe politique.
- Enfin, « la question difficile de la PAC ». Pour le président français, « il ne faut pas demander à l'Europe de diminuer sa production agricole alors que l'Union a besoin de denrées alimentaires ». Les importations de viandes hors union, sans traçabilité, doivent être prohibées.
Le président Français a souhaité que des sujets soient inscrits à l'agenda, sur le social, ou encore sur la maladie d'Alzheimer, ce qui lui a valu quelques rires dans l'hémicycle et un premier échange avec Daniel Cohn-Bendit, avant l'interpellation de l'eurodéputé vert sur la chine (voir ailleurs). En guise de conclusion, Nicolas Sarkozy a fustigé la lâcheté de certains qui ont utilisé Bruxelles pour masquer leurs échecs au niveau national, une pique évidente à l'adresse de ses prédécesseurs. Un président en exercice bien décidé à « débattre », y compris sur les taux d'intérêts de la BCE. Nicolas Sarkozy a achevé son discours par un vœu : « que dans six mois, certains pourront dire que l'Europe aura progressé grâce à (notre) participation ».
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