Il y a d'abord eu l'utilisation du langage vérité, l'une de ses spécialités. "L'Europe inquiète, il faut changer profondément notre façon de la construire", aura assèné, d'entrée de jeu, le chef de l'Etat, pour interpeller les Eurosceptiques. "L'Europe ne peut pas s'occuper de tout, le social doit rester national, l'Europe doit protéger les concitoyens". A bon entendeur... Sa priorité va aux prix des carburants. Nicolas Sarkozy, plutôt pédagogue, a abordé assez habilement chacun des sujets européens, en les raccrochant aux difficultés du quotidien des Français. Ce sera sa méthode pour les six mois qui viennent. Il a ainsi milité en faveur d'une TVA réduite dans la restauration, "pour honorer mes promesses ou celle de mes prédecesseurs", a-t-il, petit coup de griffe au passage à Jacques Chirac. Le chef de l'Etat s'est presque emporté au sujet de l'immigration, revendiquant avoir lui aussi "un coeur". "J'essaie d'être le plus concret possible, je voudrais provoquer un choc salutaire", a expliqué Nicolas Sarkozy, conscient que les enjeux sont lourds, qu'il ne dispose que de six mois devant lui. Et qu'il sera rapidement jugé sur pièces.