"Villepin est remis en selle, mais il n'a pas de cheval", ironisait hier soir Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP. Nicolas Sarkozy avait fait passer la consigne tôt le matin: silence dans les rangs. Ordre a été donné d'attendre le jugement et les éléments de langage pour parler aux médias. Peu avant midi, une réunion a été organisée à l'Elysée, avec l'avocat Thierry Herzog et quelques fidèles, pour rédiger le communiqué dont chaque mot a été pesé. Nicolas Sarkozy ne s'attendait pas à ce que son rival soit blanchi. Le coup a été rude, d'autant plus que les bonnes nouvelles se font rares ces derniers temps. Une phrase du communiqué donne la mesure de la colère intérieure du président: "le rôle de Dominique de Villepin n'a pu être prouvé, j'en prends acte, tout en notant la sévérité de certains attendus le concernant". Nicolas Sarkozy ne va pas lâcher prise. Dès hier soir, l'un de ses proches confiait: "ce n'est pas fini, le parquet devrait faire appel ce vendredi, sinon ce sera comme à Palerme, les seconds couteaux trinquent, et le parrain reste dehors". Les crocs de bouchers ne sont toujours pas rangés.