C'est une vraie ligne de fracture au sein de la majorité. Les premières divergences sont apparues pendant la campagne présidentielle. François Hollande s'était déclaré opposé à toute forme de dépénalisation, alors que l'un de ses plus fidèles soutiens, François Rebsamen, spécialiste des questions de sécurité, avait avancé l'idée d'une simple contravention pour punir l'usage des joints. Chez les Verts, c'est le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, qui a mis le débat sur la place publique, au printemps 2011, en proposant de légaliser le cannabis pour en finir avec les dealers. Idée relayée par un ancien ministre de l'intérieur, Daniel Vaillant, qui a appelé ses amis socialistes à faire preuve d'un peu de courage sur la question. Le radical de gauche Jean-Michel Baylet a même proposé de le vendre en pharmacie. Mais c'est la ministre verte Cécile Duflot, avant l'été, qui a mis le gouvernement dans l'embarras en prônant la dépénalisation. Le chef de l'Etat n'en veut. Pas plus que Manuel Valls, qui se dit opposé à toute concession dans ce domaine, au nom même des valeurs de la gauche. Les ravages de la drogue sur les jeunes peut commencer par ce type de consommation, estime ministre de l'intérieur, au nom de l'autorité morale de l'Etat. Vincent Peillon qui veut avancer sur le sujet, risque d'être déçu. Et n'a peut-être fait que rajouter à la cacophonie gouvernementale sur la question.
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