Son sort a été réglé en une trentaine de secondes mardi soir, d'un simple coup de fil. 19h41, Claude Guéant appelle: « vous savez Yves qu'on fait un remaniement, j'ai la dure tâche de vous annoncer que vous ne serez pas dans la nouvelle équipe ». Yves Jego reçoit comme un coup sur la tête. Et c'est après 20h, en regardant la télévision qu'il découvre le nom de celle qui va lui succéder, Marie-Luce Penchard. Deuxième choc, il cède la place à la propre fille de la sénatrice de Guadeloupe Lucette Michaux-Chevry, amie personnelle de Jacques Chirac. Yves Jego estime avoir été « victime du système antillais, des békés, du Medef local, du pouvoir de l'argent, qu'il a dénoncés », affirme son entourage, qui parle de « relais puissants auprès de Matignon et du Premier ministre ». La passation hier au ministère aura été glaciale. Pas un mot avec sa remplaçante. Yves Jego, qui retourne ce jeudi à Montereau en Seine-et-Marne, dont il est maire, récupèrera son fauteuil de député le 24 juillet. « C'en est fini de son sarkozysme triomphant, c'est une page tournée », prévient l'un de ses proches, « Yves Jego va très vite retrouver sa liberté de parole ».