Jean-François Achilli Blog

Pauvres malgré le job

 Paddy
Mercredi 12 Novembre 2008

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Hier soir, mardi 11 novembre, Théma sur la chaîne Arte, « Pauvre malgré le job ». C’est devenu une évidence, travailler aujourd’hui n’est plus systématiquement synonyme de « gagner sa vie » de façon décente, les travailleurs pauvres se multiplient. Au cours du débat qui a suivi le reportage sur ce nouveau type de salarié (enfin, nouveau…), on a pu se rendre compte de l’étendue du cynisme patronal face à ce problème. Qui, pour le représentant du patronat allemand participant au débat, Robert Reichling, n’en est apparemment pas un. Gagner 3,50€ de l’heure, et 400€ par mois, il considère cela tout à fait normal. Question de compétitivité des entreprises. Bien sûr, il reconnaît l’impossibilité de survivre en Europe avec un tel salaire, mais il a la solution : le complément social. Traduction : les entreprises paient ce qu’elles peuvent (ou ce qu’elles veulent) et l’Etat complète pour que les salariés puissent sortir la tête hors de l’eau. L’Etat, autrement dit les salariés eux-mêmes. Et Martin Hirsch, fier inventeur du RSA, encensé par ce même patron, de secouer positivement la tête. Cet ahurissant discours (tant qu’on y est, pourquoi pas demander à l’Etat de financer la totalité des salaires, ainsi, les entreprises seraient d’une compétitivité imbattable) tenu sous couvert de l’habituel chantage à l’emploi. Maître mot : déréglementer. Surtout, pas de salaire minimum. Déréglementer, en langage patronal, c’est censé vouloir dire « libérer l’accès au travail ». « Libérer », voilà un verbe qui sonne agréablement aux oreilles. Sauf que cette fameuse liberté, on le sait bien, ne concerne pas vraiment les salariés. Barbarie ? J’ai éteint mon poste, à deux doigts de le jeter par la fenêtre.

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