Le Blog de l'ADMD - Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité


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(sondage réalisé en août 2011)









Par Jean Sautereau, ancien délégué de l'ADMD pour l'Indre-et-Loire


Ils s'évertuent, avec passion, à nous convaincre que les demandes à mourir n'en sont pas vraiment, et que ce sont en réalité, pour la plupart, seulement des appels à être soulagés. Ils enfoncent là une porte ouverte. C'est une évidence. Personne ne revendique la mort pour le bonheur de s'y épanouir. Mais ils effleurent à peine, sinon pour s'en défausser, le cas des personnes qui veulent vraiment mourir et que le simple bon sens ne peut qu'approuver. C'est là que nous attendions, du médecin et du philosophe, des idées nouvelles. Déception !


Ils vantent la loi Leonetti, laquelle est un progrès réel certes, mais ils omettent de préciser que cette loi n'a vu le jour qu'après 27 années de vaines demandes parlementaires. Ils ne disent pas que ce fut un évènement fortuit, à savoir la mise en examen (médiatisation oblige...) du Docteur Frédéric Chaussoy pour euthanasie de Vincent Humbert, qui amena l'Ordre des médecins à exiger des politiques la "Sécurité juridique". Cette demande, corporatiste s'il en est, obtint aussitôt un accueil favorable, là ou 14 Propositions de loi depuis 1978, avaient échoué.

Les tenants du droit à abréger sa vie, dont je suis, ont devant eux une forteresse médicale, politique et religio-culturelle, impavide, qui ne bouge que sous les assauts médiatiques. Regrettons-le.

Luc Ferry critique l'expression "Mourir dans la dignité", laquelle suppose, selon lui, que certaines personnes en fin de vie sont indignes ; ce qui le scandalise et qu'il réfute catégoriquement. Je lui objecte qu'il procède là à une extrapolation abusive. Chacun a le droit de qualifier comme il le veut, avec les mots qu'il choisit lui-même, la manière dont il espère finir sa vie.

L'expression "Mourir dans la dignité", qui date de 1980, a maintenant un sens bien connu du public, (comme le mot euthanasie). Si Luc Ferry en trouve une meilleure, qu'il la propose ; les philosophes sont là pour ça.

Axel Kahn et Luc Ferry, brillants intellectuels, seront peut-être atteints par la maladie d'Alzheimer, laquelle gangrènera leur cerveau. Dans cette éventualité, que je ne leur souhaite nullement, qu'ils n'oublient surtout pas une condition très restrictive de la loi Leonetti : être "en phase avancée ou terminale". Ainsi, au mieux, ils ne bénéficieront de la dite loi qu'à la toute fin de leur calvaire. Et si, seulement si, le médecin en charge de leur sort, admet connaître cette loi, et qu'il consent à la respecter. Ont-ils vocation au martyre ?


Rédigé le Lundi 29 Novembre 2010 à 11:12 | Commentaires (3)

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