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A lire sur le site liberation.fr, sous la plume d'Eric Favereau.
Mardi 9 juillet 2012.
Lire l'article sur le site de Libération.
Paroles de Premier ministre à l’Assemblée nationale lors de son discours de politique générale, il y a une semaine tout juste : «Nous devons rebâtir un système de santé qui soit véritablement accessible et performant. Cette réforme s’inscrira dans une stratégie nationale de santé. Il s’agira de refonder l’organisation du système des soins pour permettre une meilleure coopération entre les professionnels de santé, conforter les soins de premier recours, et reconnaître l’hôpital dans ses véritables missions.»
Paroles de Premier ministre à l’Assemblée nationale lors de son discours de politique générale, il y a une semaine tout juste : «Nous devons rebâtir un système de santé qui soit véritablement accessible et performant. Cette réforme s’inscrira dans une stratégie nationale de santé. Il s’agira de refonder l’organisation du système des soins pour permettre une meilleure coopération entre les professionnels de santé, conforter les soins de premier recours, et reconnaître l’hôpital dans ses véritables missions.»
Ce fut un discours a minima. Même au ministère de la Santé, on a concédé que «la santé n’avait pas été le sujet majeur» des propos du Premier ministre. Pour le moins… Rarement sur les questions sanitaires, on n’en aura dit aussi peu. Rien sur le changement de financement des hôpitaux, rien non plus sur les services d’urgence. Et surtout, une des propositions phares du candidat Hollande s’est envolée. C’est celle concernant la fin de vie. En campagne, le candidat avait annoncé que, sous certaines conditions, une personne pourrait demander une mort médicalisée : c’était mesuré, prudent, mais cela entrouvrait la porte à une euthanasie demandée. Et sur le moment, ce fut une surprise, presque perçue comme une audace. Et voilà que cette proposition a disparu dans le programme. Oubli ? Distraction ? Ou volonté à peine dissimulée de ne pas trop avancer sur cette question ?
Il y a un mois, Jean-Marc Ayrault avait déjà été extrêmement prudent. Sur la fin de vie, il avait juste lâché : «Le projet du gouvernement sera de perfectionner la loi Leonetti.» Ajoutant : «François Hollande n’a jamais employé le mot euthanasie. S’il ne l’a pas employé, c’est à dessein, c’est un sujet extrêmement grave… Je ne sais pas s’il faudra une loi, il y aura sur ce sujet comme sur d’autres une concertation, nous écouterons tous les points de vue. C’est bien le moins pour des sujets d’une telle gravité», disait-il ainsi à Radio Fidélité, une radio associative catholique de Nantes.
Perfectionner la loi Leonetti, quelle drôle d’idée ! Car cette loi, dans son inspiration comme dans son articulation, est plutôt claire : elle est construite sur le refus de tout geste actif d’euthanasie, mais elle valide formellement toutes les décisions d’arrêt de traitement, même si ce retrait peut accélérer la survenue du décès.
Que peut bien vouloir dire, dans ces conditions, la perfectionner ? Cette loi a une limite : elle ne répond pas à la situation, peu fréquente mais bien réelle, de patients en bout de course, lassés des traitements, ayant perdu une grande partie de leur autonomie. Des patients qui ne veulent plus vivre, mais pour qui mourir nécessite un geste actif et pas simplement que la médecine se retire. Ces demandes sont rares, mais elles existent. Même «perfectionnée», la loi Leonetti n’y répondrait pas. Que faire, alors ? Attendre une nouvelle proposition d’un nouveau candidat lors d’une nouvelle élection présidentielle ? Mais peut-être n’était-ce qu’un oubli ?
Il y a un mois, Jean-Marc Ayrault avait déjà été extrêmement prudent. Sur la fin de vie, il avait juste lâché : «Le projet du gouvernement sera de perfectionner la loi Leonetti.» Ajoutant : «François Hollande n’a jamais employé le mot euthanasie. S’il ne l’a pas employé, c’est à dessein, c’est un sujet extrêmement grave… Je ne sais pas s’il faudra une loi, il y aura sur ce sujet comme sur d’autres une concertation, nous écouterons tous les points de vue. C’est bien le moins pour des sujets d’une telle gravité», disait-il ainsi à Radio Fidélité, une radio associative catholique de Nantes.
Perfectionner la loi Leonetti, quelle drôle d’idée ! Car cette loi, dans son inspiration comme dans son articulation, est plutôt claire : elle est construite sur le refus de tout geste actif d’euthanasie, mais elle valide formellement toutes les décisions d’arrêt de traitement, même si ce retrait peut accélérer la survenue du décès.
Que peut bien vouloir dire, dans ces conditions, la perfectionner ? Cette loi a une limite : elle ne répond pas à la situation, peu fréquente mais bien réelle, de patients en bout de course, lassés des traitements, ayant perdu une grande partie de leur autonomie. Des patients qui ne veulent plus vivre, mais pour qui mourir nécessite un geste actif et pas simplement que la médecine se retire. Ces demandes sont rares, mais elles existent. Même «perfectionnée», la loi Leonetti n’y répondrait pas. Que faire, alors ? Attendre une nouvelle proposition d’un nouveau candidat lors d’une nouvelle élection présidentielle ? Mais peut-être n’était-ce qu’un oubli ?
Rédigé le Mercredi 11 Juillet 2012 à 10:25
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