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Extrait :
"Après « Amour » de Michael Haneke et le précieux « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé, Marco Bellocchio évoque à son tour l’euthanasie dans « La Belle Endormie », un film fiévreux et puissant."
Lire plus d'articles sur le site de l'ADMD.
Extrait :
"Après « Amour » de Michael Haneke et le précieux « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé, Marco Bellocchio évoque à son tour l’euthanasie dans « La Belle Endormie », un film fiévreux et puissant."
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Rédigé le Mercredi 10 Avril 2013 à 12:26
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Commentaires (1)
Une critique par Claude Orecchioni, adhérent des Hautes-Alpes, ancien délégué de l'ADMD.
Je sors d’une des douze séances que l’Eden-Studio a consacrées au film « Amour » de Michael Haneke (Palme d’or – Cannes 2012). Salle pleine et ça le valait bien…
Le sujet, qui peut concerner chacun d’entre nous ; les acteurs principaux, ces monstres de cinéma que sont Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant ; la réalisation, un mélange de retenue et de réalisme pudique ; tout cela forme un ensemble bouleversant, certes, mais aussi prodigieusement humain. Tout est dans le titre « Amour », car on devine, derrière le tableau des derniers mois de ce couple d’octogénaires, toute une vie commune faite des difficultés, des joies petites ou profondes, des succès et des échecs qui émaillent l’existence des êtres de chair et de sang. Et c’est bien l’amour et l’amour seul, poussé jusqu’à l’extrême, qui dicte les gestes quotidiens de Georges envers Anne, sa femme.
Haneke a su imprimer un rythme volontairement lent à son film, la lenteur qui caractérise tous les actes et tous les gestes des vieillards, y compris le débit et la rareté de leurs paroles, qu’un demi-siècle ou plus de vie commune suffit à rendre inutiles de prononcer tant elles éclosent simultanément dans l’esprit de chacun des deux éléments du vieux couple. Lenteur et, souvent, maladresse des gestes que des forces déclinantes rendent de plus en plus pénibles, tout cela parfaitement rendu par un Trintignant au faîte de sa grandeur d’artiste. Magnifique interprétation, aussi, d’Emmanuelle Riva au visage tordu par la douleur et qui exprime par son seul regard sa souffrance de vivre ainsi ses derniers instants tellement à l’opposé du reste de sa vie de concertiste reconnue.
Tenu par sa promesse, Georges accompagnera son épouse jusqu’au bout, jusqu’au dernier geste d’amour qu’il lui doit. Puisse ce film qu’il est si facile de comprendre lorsqu’on a l’âge de ses personnages faire réfléchir tous ceux qui, plus jeunes, auront peut-être à se retrouver dans une situation semblable.
Le sujet, qui peut concerner chacun d’entre nous ; les acteurs principaux, ces monstres de cinéma que sont Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant ; la réalisation, un mélange de retenue et de réalisme pudique ; tout cela forme un ensemble bouleversant, certes, mais aussi prodigieusement humain. Tout est dans le titre « Amour », car on devine, derrière le tableau des derniers mois de ce couple d’octogénaires, toute une vie commune faite des difficultés, des joies petites ou profondes, des succès et des échecs qui émaillent l’existence des êtres de chair et de sang. Et c’est bien l’amour et l’amour seul, poussé jusqu’à l’extrême, qui dicte les gestes quotidiens de Georges envers Anne, sa femme.
Haneke a su imprimer un rythme volontairement lent à son film, la lenteur qui caractérise tous les actes et tous les gestes des vieillards, y compris le débit et la rareté de leurs paroles, qu’un demi-siècle ou plus de vie commune suffit à rendre inutiles de prononcer tant elles éclosent simultanément dans l’esprit de chacun des deux éléments du vieux couple. Lenteur et, souvent, maladresse des gestes que des forces déclinantes rendent de plus en plus pénibles, tout cela parfaitement rendu par un Trintignant au faîte de sa grandeur d’artiste. Magnifique interprétation, aussi, d’Emmanuelle Riva au visage tordu par la douleur et qui exprime par son seul regard sa souffrance de vivre ainsi ses derniers instants tellement à l’opposé du reste de sa vie de concertiste reconnue.
Tenu par sa promesse, Georges accompagnera son épouse jusqu’au bout, jusqu’au dernier geste d’amour qu’il lui doit. Puisse ce film qu’il est si facile de comprendre lorsqu’on a l’âge de ses personnages faire réfléchir tous ceux qui, plus jeunes, auront peut-être à se retrouver dans une situation semblable.
France 5, mardi 4 décembre 2012.
Débat en présence de Noëlle Châtelet, présidente du comité d'honneur de l'ADMD.
Les témoignages de personnes atteintes de pathologies graves et incurables réclamant par voie de presse le droit de « mourir dans la dignité » interpellent périodiquement l’opinion publique française. Dans un pays où l’euthanasie demeure interdite et malgré les avancées apportées par la loi Leonetti d’avril 2005, la problématique est plus que jamais d’actualité. Avec cette soirée du Monde en face, France 5 entend donner aux téléspectateurs les clés pour mieux comprendre les enjeux de l’euthanasie. Décryptant les notions de refus d’acharnement thérapeutique et d’aide active à mourir, de dignité et de liberté, le documentaire d’Annick Redolfi, Le Dernier Choix, aborde, en deux volets, la question de la fin de vie au travers des parcours de femmes et d’hommes qui, touchés par des maladies sévèrement handicapantes et à l’issue fatale, ont clairement décidé de programmer le moment de leur mort.
Intitulée J’aime la vie, mon corps ne l’aime plus, la première partie s’intéresse à la situation en France, présente les cas de personnes qui se posent la question de l’euthanasie et fait le point sur la législation en vigueur ainsi que sur ses défaillances.
Je quitte mon corps, la seconde partie, analyse les pratiques en Belgique et aux Pays-Bas, où l’euthanasie est autorisée, et en Suisse, qui permet le seul suicide assisté. Elle étudie les conditions légales pour avoir recours à une aide active à mourir dans ces pays, les modalités pratiques (médicales et légales) et les tendances sociales et politiques de ces lois. Elle interroge sur les implications collectives de ces tendances et les enjeux présents et futurs de ces choix de société.
Le site de l'émission.
Intitulée J’aime la vie, mon corps ne l’aime plus, la première partie s’intéresse à la situation en France, présente les cas de personnes qui se posent la question de l’euthanasie et fait le point sur la législation en vigueur ainsi que sur ses défaillances.
Je quitte mon corps, la seconde partie, analyse les pratiques en Belgique et aux Pays-Bas, où l’euthanasie est autorisée, et en Suisse, qui permet le seul suicide assisté. Elle étudie les conditions légales pour avoir recours à une aide active à mourir dans ces pays, les modalités pratiques (médicales et légales) et les tendances sociales et politiques de ces lois. Elle interroge sur les implications collectives de ces tendances et les enjeux présents et futurs de ces choix de société.
Le site de l'émission.
Projection le vendredi 5 octobre 2012 de 20h30 à 22h00, Grand Amphithéâtre du Museum national d'Histoire naturelle (Paris).
Victime d’un locked-in syndrom , Michel S. vit depuis 3 ans dans une institution. Il est intégralement paralysé, il a besoin de machines pour s’alimenter et respirer. Au cours des derniers mois, il a pris sa décision et demande à mourir, comme la loi Leonetti l’y autorise… Mais les médecins refusent. Le film suit les équipes médicales, la famille, le malade et tous ceux qui sont concernés, aux prises avec cette décision, et ceci jusqu’aux actions concrètes qui pourraient en résulter. Sans verser dans le compassionnel, le film donne une dimension humaine aux questionnements éthiques de l'euthanasie.
Un documentaire d'Anne Georget.
Entrée gratuite, réservation indispensable.
Un documentaire d'Anne Georget.
Entrée gratuite, réservation indispensable.
Sur Arte, le vendredi 5 octobre 2012 à 20h50.
Une femme de 43 ans, Clara, tragédienne de renom, apprend par la médecine qu’elle est condamnée. Elle décide aussitôt de prendre contact avec une clinique suisse pour bénéficier d’un suicide assisté, refusant de se trouver diminuée par son cancer. Clara fait violence à ses proches pour qu’ils acceptent sa décision et tente de préparer son fils adolescent, Vadim, à son absence. Puis vient le moment des adieux...
L'interview de Françoise Castro, productrice :
"Il y a de cela une dizaine d’année, j’ai vu un proche devoir abréger la souffrance de sa mère et puis cela s’est répété autour de moi, et rapproché de moi. Je me suis promis alors que plus jamais une fille ne devra être en situation de tuer son père. J’ai demandé alors à plusieurs scénaristes de construire une histoire autour du thème de l’euthanasie. Ce n’est qu’au bout de 4 années après avoir épuisé plusieurs scénaristes que la rencontre avec Virginie Wagon fut déterminante, son synopsis était juste parfait. De surcroît même la mort est plus facile j’ose « confortable » pour les riches, et je voulais aussi traiter de cette société qui clive de la naissance à la mort. Je crois en la puissance de l’image, rien ne vaut sa force surtout à la télévision où l’image de l’intime pénètre dans l’intimité du salon, de l’âme et du coeur de ceux qui la regarde. Je crois en la nécessaire répétition de cette thématique et je pense qu’un film peut contribuer, faire pression sur ceux qui font la loi pour qu’enfin cesse ce bricolage."
Un film de Virginie Wagon, avec Jeanne Balibar, Alex Tacchino et Caroline Torlois.
Voir la bande annonce sur le site Allociné.
Voir le dossier de presse.
L'interview de Françoise Castro, productrice :
"Il y a de cela une dizaine d’année, j’ai vu un proche devoir abréger la souffrance de sa mère et puis cela s’est répété autour de moi, et rapproché de moi. Je me suis promis alors que plus jamais une fille ne devra être en situation de tuer son père. J’ai demandé alors à plusieurs scénaristes de construire une histoire autour du thème de l’euthanasie. Ce n’est qu’au bout de 4 années après avoir épuisé plusieurs scénaristes que la rencontre avec Virginie Wagon fut déterminante, son synopsis était juste parfait. De surcroît même la mort est plus facile j’ose « confortable » pour les riches, et je voulais aussi traiter de cette société qui clive de la naissance à la mort. Je crois en la puissance de l’image, rien ne vaut sa force surtout à la télévision où l’image de l’intime pénètre dans l’intimité du salon, de l’âme et du coeur de ceux qui la regarde. Je crois en la nécessaire répétition de cette thématique et je pense qu’un film peut contribuer, faire pression sur ceux qui font la loi pour qu’enfin cesse ce bricolage."
Un film de Virginie Wagon, avec Jeanne Balibar, Alex Tacchino et Caroline Torlois.
Voir la bande annonce sur le site Allociné.
Voir le dossier de presse.
Sortie dans les salles le mercredi 19 septembre 2012.
A 48 ans, Alain Evrard est obligé de retourner habiter chez sa mère. Cohabitation forcée qui fait ressurgir toute la violence de leur relation passée. Il découvre alors que sa mère est condamnée par la maladie. Dans ces derniers mois de vie, seront-ils enfin capables de faire un pas l'un vers l'autre ?
Un film de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon, Hélène Vincent et Emmanuelle Seigner.
Voir la bande annonce sur le site Allociné.
Voir le dossier de presse sur le site de Diaphana.
Un film de Stéphane Brizé, avec Vincent Lindon, Hélène Vincent et Emmanuelle Seigner.
Voir la bande annonce sur le site Allociné.
Voir le dossier de presse sur le site de Diaphana.
Une critique par Matthieu Grambert.
Sortie en salle le 24 octobre 2012.
Grand retour de Michael Haneke après son oeuvre Le ruban blanc déjà couronnée d'un fort succès critique en 2009, et quel retour puisque c'est avec une nouvelle palme d'or qu'il vient s'imposer sur les écrans en 2012. Après vision de son nouveau long-métrage, on se dit que finalement, peu importe qu'Holy Motors de Leos Carax, débordant de créativité et qui démarre presque de la même manière, ait été boudé au profit de cette réalisation très classieuse qui est amené à bouleverser une grande majorité de son public.
« La Bella Addormentata » (« La Belle endormie »), nouveau long-métrage de Marco Bellocchio, s’inspire de l’affaire Eluana Englaro, qui a ébranlée la société italienne il y a quelques années. En 1992, Eluana Englaro, 19 ans, plonge dans un coma irréversible à la suite d'un grave accident de voiture. Son père doit attendre 17 ans avant d’obtenir l’autorisation de cesser l’alimentation et l’hydratation artificielles de sa fille, qui décède donc le 9 février 2009.
Marco Bellocchio prolonge donc le débat sur l’euthanasie qui avait fait rage à l’époque, avec Isabelle Huppert, Toni Servillo, Alba Rohrwacher et Maya Sansa dans les rôles principaux.
En compétition à la Mostra de Venise (du 29/08 au 08/09), « La Bella Addormentata » sera ensuite présenté au Festival International du Film de Toronto, du 6 au 16 septembre.
La date de sortie en salle n'est pas encore connue.
Voir la bande annonce sur le site de CinéObs.
Marco Bellocchio prolonge donc le débat sur l’euthanasie qui avait fait rage à l’époque, avec Isabelle Huppert, Toni Servillo, Alba Rohrwacher et Maya Sansa dans les rôles principaux.
En compétition à la Mostra de Venise (du 29/08 au 08/09), « La Bella Addormentata » sera ensuite présenté au Festival International du Film de Toronto, du 6 au 16 septembre.
La date de sortie en salle n'est pas encore connue.
Voir la bande annonce sur le site de CinéObs.
Un livre de Pietro Scarnera, traduit de l'Italien par Malysone Bovorasmy et postfacé par Beppino Englaro
Site de la Fnac
Site de la maison d'édition Cà et Là
Postface, par Beppino Englaro :
Ne plus pouvoir dire qu’on ne peut pas savoir
Face à une personne en train de mourir, nous présumons que tout le monde a la même réaction : demander à la médecine de faire quelque chose pour la sauver. C’est une demande que les gens tiennent pour acquise, elle est pratiquement considérée comme un instinct naturel de l’homme, si bien que tout le système sanitaire est centré sur cette notion Il est donc naturel d’avoir recours à toutes les thérapies et toutes les connaissances médicales. De même, il est naturel de ne pas prendre en considération l’hypothèse que quelqu’un puisse dire « Non merci » et demander au contraire d’être simplement accompagné dans sa mort. Ce « Non merci » a été prononcé pour la première fois par ma fille Eluana et par sa famille. Je pensais que c’était une demande simple mais il aura fallu plus de dix-sept ans pour qu’elle soit écoutée et que cela devienne un droit reconnu par notre Constitution.
Au moment où nous avons prononcé notre « non », nous savions parfaitement quelles auraient été les conséquences de notre choix. Mais nous savions aussi ce qui aurait pu arriver en poursuivant les soins à outrance, en continuant la trachéotomie et en commençant l’alimentation artificielle.
La mort n’était pas taboue pour Eluana. Pour elle, le problème était le fait que les autres puissent décider à sa place. Demander l’intervention de la médecine est une décision légitime et ceux qui le font ont le droit non seulement d’être respectés mais aussi de bénéficier des meilleurs soins. Mais c’est également un droit de refuser les thérapies, surtout quand la science médicale n’est pas en mesure d’exclure certaines possibilités. La pire, plus dramatique que la mort même — selon nous — est l’état végétatif. Le choix d’Eluana, et par conséquent celui de sa famille, a été lucide et limpide. Mais le devoir d’être son porte-parole fut pour moi une tragédie inhumaine, qui s’est ajoutée à la tragédie humaine d’un père qui perd sa fille.
C’est pourquoi mon objectif est qu’à présent personne n’ait plus à être le porte- parole de quelqu’un d’autre, que chaque citoyen puisse faire son propre choix et parler pour lui-même. Une décision sur des thèmes aussi délicats ne peut être imposée d’en haut, par les institutions ou la médecine, car, pour ce qui concerne la tutelle d’une vie, personne n’est mieux placé que celui qui est directement concerné. Notre choix devrait être indiqué au préalable sur notre carte sanitaire. Les tuteurs, tels que l’administrateur de soutien et le curateur, devraient pouvoir être choisis avant, quand nous sommes davantage en mesure de le faire. S’il y a un point positif dans le retentissement de l’affaire de ma fille, c’est que les gens ont été contraints de se confronter à ces problèmes. Maintenant, grâce à Eluana, on ne peut plus dire qu’on ne peut pas savoir : celui qui veut approfondir la question peut le faire, et celui qui ne le fait pas, dans un sens, a choisi de ne pas décider. Je me rends bien compte qu’il s’agit d’arguments délicats et que les gens ont tendance à repousser le plus loin possible les choix concernant la fin de leur vie. Du reste, ceux qui n’ont pu voir Eluana qu’une seule fois n’ont pas vraiment pu saisir ce que représente l’état végétatif, quand les jours deviennent des années et que les années s’écoulent sans aucune amélioration.
Les deux livres que j’ai écrits (Eluana, la liberté et la vie, avec Elena Nave, et La vie sans limites, avec Adriana Pannitteri) sont le fruit de cette exigence forte et profonde : faire percevoir aux autres cette réalité. Et cette bande dessinée, au style clair et au langage original, tend elle aussi vers le même objectif.
Beppino Englaro
Beppino Englaro est le père de Eluana Englaro, victime le 19 janvier 1992 d’un accident de voiture qui la laissa dans un état végétatif irréversible. À partir de 1999, Beppino Englaro entreprend des démarches pour que le système d’alimentation artificielle de sa fille soit débranché. Après que cette requête a été refusée par la justice italienne en 1999 et en 2005, elle est
finalement reconnue par la Cour de cassation de Milan en octobre 2007. Après une longue bataille judiciaire, en janvier 2009, et à la demande de sa famille, le personnel de santé suspend l’alimentation d’Eluana Englaro. Elle est décédée le 9 janvier 2009, après dix-sept années passées dans le coma.
Site de la maison d'édition Cà et Là
Postface, par Beppino Englaro :
Ne plus pouvoir dire qu’on ne peut pas savoir
Face à une personne en train de mourir, nous présumons que tout le monde a la même réaction : demander à la médecine de faire quelque chose pour la sauver. C’est une demande que les gens tiennent pour acquise, elle est pratiquement considérée comme un instinct naturel de l’homme, si bien que tout le système sanitaire est centré sur cette notion Il est donc naturel d’avoir recours à toutes les thérapies et toutes les connaissances médicales. De même, il est naturel de ne pas prendre en considération l’hypothèse que quelqu’un puisse dire « Non merci » et demander au contraire d’être simplement accompagné dans sa mort. Ce « Non merci » a été prononcé pour la première fois par ma fille Eluana et par sa famille. Je pensais que c’était une demande simple mais il aura fallu plus de dix-sept ans pour qu’elle soit écoutée et que cela devienne un droit reconnu par notre Constitution.
Au moment où nous avons prononcé notre « non », nous savions parfaitement quelles auraient été les conséquences de notre choix. Mais nous savions aussi ce qui aurait pu arriver en poursuivant les soins à outrance, en continuant la trachéotomie et en commençant l’alimentation artificielle.
La mort n’était pas taboue pour Eluana. Pour elle, le problème était le fait que les autres puissent décider à sa place. Demander l’intervention de la médecine est une décision légitime et ceux qui le font ont le droit non seulement d’être respectés mais aussi de bénéficier des meilleurs soins. Mais c’est également un droit de refuser les thérapies, surtout quand la science médicale n’est pas en mesure d’exclure certaines possibilités. La pire, plus dramatique que la mort même — selon nous — est l’état végétatif. Le choix d’Eluana, et par conséquent celui de sa famille, a été lucide et limpide. Mais le devoir d’être son porte-parole fut pour moi une tragédie inhumaine, qui s’est ajoutée à la tragédie humaine d’un père qui perd sa fille.
C’est pourquoi mon objectif est qu’à présent personne n’ait plus à être le porte- parole de quelqu’un d’autre, que chaque citoyen puisse faire son propre choix et parler pour lui-même. Une décision sur des thèmes aussi délicats ne peut être imposée d’en haut, par les institutions ou la médecine, car, pour ce qui concerne la tutelle d’une vie, personne n’est mieux placé que celui qui est directement concerné. Notre choix devrait être indiqué au préalable sur notre carte sanitaire. Les tuteurs, tels que l’administrateur de soutien et le curateur, devraient pouvoir être choisis avant, quand nous sommes davantage en mesure de le faire. S’il y a un point positif dans le retentissement de l’affaire de ma fille, c’est que les gens ont été contraints de se confronter à ces problèmes. Maintenant, grâce à Eluana, on ne peut plus dire qu’on ne peut pas savoir : celui qui veut approfondir la question peut le faire, et celui qui ne le fait pas, dans un sens, a choisi de ne pas décider. Je me rends bien compte qu’il s’agit d’arguments délicats et que les gens ont tendance à repousser le plus loin possible les choix concernant la fin de leur vie. Du reste, ceux qui n’ont pu voir Eluana qu’une seule fois n’ont pas vraiment pu saisir ce que représente l’état végétatif, quand les jours deviennent des années et que les années s’écoulent sans aucune amélioration.
Les deux livres que j’ai écrits (Eluana, la liberté et la vie, avec Elena Nave, et La vie sans limites, avec Adriana Pannitteri) sont le fruit de cette exigence forte et profonde : faire percevoir aux autres cette réalité. Et cette bande dessinée, au style clair et au langage original, tend elle aussi vers le même objectif.
Beppino Englaro
Beppino Englaro est le père de Eluana Englaro, victime le 19 janvier 1992 d’un accident de voiture qui la laissa dans un état végétatif irréversible. À partir de 1999, Beppino Englaro entreprend des démarches pour que le système d’alimentation artificielle de sa fille soit débranché. Après que cette requête a été refusée par la justice italienne en 1999 et en 2005, elle est
finalement reconnue par la Cour de cassation de Milan en octobre 2007. Après une longue bataille judiciaire, en janvier 2009, et à la demande de sa famille, le personnel de santé suspend l’alimentation d’Eluana Englaro. Elle est décédée le 9 janvier 2009, après dix-sept années passées dans le coma.
Mercredi 25 avril sur Arte à 20h40
A la suite d'un accident survenu il y a trente ans, Ramon est tétraplégique et vit prostré dans son lit avec pour seule ouverture au monde la fenêtre de sa chambre donnant sur l'océan. Très entouré par sa famille, Ramon n'a plus qu'un seul désir; pouvoir décider de sa propre mort et terminer sa vie dans la dignité.
Panorama de la presse
Le Parisien / Aujourd'hui en France, mardi 10 avril 2012
La fin de Mitterrand
[6 janvier 1996, François Mitterrand, à bout de forces, est cloué au lit par son cancer qui le ronge depuis 1981.] « Le dimanche matin, veille de sa mort, il a longuement vu Anne Pingeot. Puis il a fait venir tout le monde. Sa fin, il l’avait vraiment programmée, atteste Laurence Soudet, celle à qui il confia la garde de Mazarine, pendant la durée de sa présidence. […] Le 6 janvier, un lundi, à sa demande expresse, son calvaire fut abrégé. Une injection lui fut administrée par voie intraveineuse. Mon père n’a jamais dit : “Je vais faire comme ci, comme ça”, raconte Gilbert Mitterrand. Il n’y a qu’une personne qui sache ce qui s’est passé, mais elle ne dira rien. Elle nous a juste raconté que tout s’était déroulé paisiblement. Mon père voulait affronter la mort en face, conscient. Jusqu’au bout, il a voulu la dominer. »
[6 janvier 1996, François Mitterrand, à bout de forces, est cloué au lit par son cancer qui le ronge depuis 1981.] « Le dimanche matin, veille de sa mort, il a longuement vu Anne Pingeot. Puis il a fait venir tout le monde. Sa fin, il l’avait vraiment programmée, atteste Laurence Soudet, celle à qui il confia la garde de Mazarine, pendant la durée de sa présidence. […] Le 6 janvier, un lundi, à sa demande expresse, son calvaire fut abrégé. Une injection lui fut administrée par voie intraveineuse. Mon père n’a jamais dit : “Je vais faire comme ci, comme ça”, raconte Gilbert Mitterrand. Il n’y a qu’une personne qui sache ce qui s’est passé, mais elle ne dira rien. Elle nous a juste raconté que tout s’était déroulé paisiblement. Mon père voulait affronter la mort en face, conscient. Jusqu’au bout, il a voulu la dominer. »
Un livre écrit par Michèle de Somer en collaboration avec Frédéric Veille;
Sortie le mercredi 4 avril 2012.
« Un accident de scooter, une vie brisée. Depuis 2001 Eddy mon fils est tétraplégique. Sa vie se résume à l’immobilité, sans espoir que cela change un jour. Par deux fois j’ai demandé au président de la République de donner à mon fils le droit de mourir dignement. Cela m’a été refusé. Alors, j'ai souvent eu l'idée de passer à l'acte, par amour pour Eddy. »
Pour son fils, Michèle de Somer, la mère d’Eddy, ne demandait pourtant qu’un geste de compassion : qu’on le laisse partir. Mais en France, la loi interdit l’euthanasie, même pour les personnes qui souffrent sans aucun espoir et qui sont physiquement incapables de mettre fin à leurs jours.
Au-delà du dernier cri d’amour d’une mère pour son fils, ce livre est un plaidoyer pour ce qui devrait être un droit humain élémentaire.
Le dernier combat d’une mère qui demande le droit de mourir pour son fils.
Michèle de Somer est la mère d’Eddy. Frédéric Veille, journaliste à RTL, est également l’auteur de Je vous demande le droit de mourir. Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, signe la préface.
Le livre est en vente sur le site de la Fnac
Pour son fils, Michèle de Somer, la mère d’Eddy, ne demandait pourtant qu’un geste de compassion : qu’on le laisse partir. Mais en France, la loi interdit l’euthanasie, même pour les personnes qui souffrent sans aucun espoir et qui sont physiquement incapables de mettre fin à leurs jours.
Au-delà du dernier cri d’amour d’une mère pour son fils, ce livre est un plaidoyer pour ce qui devrait être un droit humain élémentaire.
Le dernier combat d’une mère qui demande le droit de mourir pour son fils.
Michèle de Somer est la mère d’Eddy. Frédéric Veille, journaliste à RTL, est également l’auteur de Je vous demande le droit de mourir. Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, signe la préface.
Le livre est en vente sur le site de la Fnac
Un livre testament de la journaliste Marie Deroubaix, publié au Cherche Midi
Un témoignage bouleversant sur les manquements du système médical et de la loi française en matière de fin de vie par une journaliste brutalement atteinte d’un cancer incurable à 56 ans. Un plaidoyer contre l’acharnement thérapeutique et pour l’euthanasie, que l’auteur finira par obtenir en Belgique avec le soutien de son mari qui livre également ses sentiments dans ce récit de vie, de mort, mais surtout d’amour face à l’irrémédiable. Pourquoi ne peut-on pas choisir sa fin de vie en France, le pays de la liberté ? À l’heure de la Présidentielle (le droit à l’euthanasie figure dans le programme de François Hollande), un ouvrage choc au coeur d’un débat de société, indispensable pour tous les français, quand on sait qu’ils y sont favorables à plus de 90 %.
« Quand Marie comprit que son cancer ne lui laissait aucune chance, elle me dit qu’elle avait un dernier combat à mener : raconter son parcours afin qu’un jour une loi, en France, permette aux gens qui se trouvaient dans son cas de choisir leur mort. Elle entendait dénoncer certaines scandaleuses pratiques hospitalières et thérapeutiques, ainsi que l'inertie du gouvernement vis-à-vis de l'euthanasie, alors que la majorité des Français est en faveur d’une mort douce et dans la dignité.
Elle se mit à écrire de manière compulsive, dans l’urgence, car elle ne pensait pas disposer d’autant de temps. Elle se réveillait en pleine nuit pour écrire. Le matin, elle était exténuée. Pourtant, à aucun moment, elle n’a pensé arrêter d’écrire ce livre, qui sera une obsession jusqu’à la fin.
Certains jours, elle était en pleurs. Je lui disais : “Laisse un peu tomber, Marie, allons nous promener tous les deux.”
Quelque part, ce récit nous a enlevé des heures si rares, si comptées… »
« Quand Marie comprit que son cancer ne lui laissait aucune chance, elle me dit qu’elle avait un dernier combat à mener : raconter son parcours afin qu’un jour une loi, en France, permette aux gens qui se trouvaient dans son cas de choisir leur mort. Elle entendait dénoncer certaines scandaleuses pratiques hospitalières et thérapeutiques, ainsi que l'inertie du gouvernement vis-à-vis de l'euthanasie, alors que la majorité des Français est en faveur d’une mort douce et dans la dignité.
Elle se mit à écrire de manière compulsive, dans l’urgence, car elle ne pensait pas disposer d’autant de temps. Elle se réveillait en pleine nuit pour écrire. Le matin, elle était exténuée. Pourtant, à aucun moment, elle n’a pensé arrêter d’écrire ce livre, qui sera une obsession jusqu’à la fin.
Certains jours, elle était en pleurs. Je lui disais : “Laisse un peu tomber, Marie, allons nous promener tous les deux.”
Quelque part, ce récit nous a enlevé des heures si rares, si comptées… »
France 5, le vendredi 17 février 2012 à 19 heures
Le président de l'ADMD débattra avec le docteur Bernard Devalois, chef du service de l'unité de soins palliatifs à l'hôpital de Pontoise.
Bienvenue sur le blog de l'ADMD.
L'ADMD compte 50410 adhérents au 16 mai 2013.
L'ADMD est membre de la RtD-E (Europe) et de la WFRtDS (Monde).
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RT @Amarandrill: A most excellent speach by @JeanLucRomero with a clear message for French and British political leaders - it's time to #Ac…
RT @JeanLucRomero: Étonnant ces ultra cathos saluant un suicide militant et refusant aux grands malades qui le souhaitent de pouvoir partir…
La présidente de l'ADMD-Belge : "Refuser le droit de mourir dignement est inacceptable".
http://t.co/vjf680LfAv via @youtube
RT @DignitySAfrica: ADMD-France (Right to die in Dignity-France) has more than 50,000 members (!!!) with over 90% of French Citizens in fav…

















