Vincennes avec Gondar en Ethiopie
GONDAR, UNE PERLE POSÉE EN AFRIQUE
Châteaux, palais, églises caractérisent cette capitale de l’empire abyssin du XVIIe au XIXe siècle, dont la cité royale de Fasil Ghebbi, classée sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité. Pourtant, seuls 20 000 touristes s’y arrêtent chaque année.
Pour Gondar, située dans un des pays les plus pauvres du monde, le développement du tourisme peut agir comme un puissant levier d’amélioration des conditions de vie des populations par la création d’emplois, la limitation de l’exode rural, le développement de secteurs connexes comme l’artisanat, l’agriculture…
Fiche signalétique
Gondar
:
République fédérale démocratique d’Éthiopie
Une démarche longuement murie
Pour arrêter son choix sur Gondar , la municipalité a exploré le monde, consulté des experts et dressé un auto-diagnostic pendant plus d’un an.
© PY-Jan Aurianne studio
Début 2009, un Comité consultatif des relations internationales est créé, et rassemble des élus, des représentants d’associations déjà engagés dans le jumelage ou l’humanitaire, des Vincennois cooptés pour leurs connaissances linguistiques ou des échanges internationaux, des acteurs économiques...
Son rôle ? Apporter son expérience du terrain, contribuer au diagnostic des compétences vincennoises au sein des services municipaux et de la société civile, pour que puissent être dégagées les orientations d’action.
Après un an de réunions et d’ateliers, trois axes se dessinent :
Une mission exploratoire est ensuite envoyée sur place. Trois sites classés au patrimoine mondial de l’humanité entourent Gondar. De plus, les représentants de la ville ont été très réactifs et enthousiastes devant la perspective d’un partenariat.
Objectif visé : restaurer le château du XVIIIe siècle, le transformer en musée et développer autour des activités créatrices d’emplois. Le projet fédère également l’enthousiasme de nombreux partenaires : ambassade de France, Organisation mondiale du tourisme, Alliance française, Centre français d’études éthiopiennes à Addis-Abeba (dont le directeur s’avère être vincennois !), ONG locales.
«Les touropérateurs regardent l’Éthiopie avec de plus en plus d’intérêt, l’infrastructure hôtelière commence à être réhabilitée… Nous avons eu le sentiment d’être au bon endroit au bon moment !» explique la chargée des relations internationales au sein de l'administration municipale.
Partager compétences et savoir-faire
Partenariat solidaire entre collectivités locales, la coopération décentralisée doit donc permettre la connaissance mutuelle de deux communes dans leurs spécificités sociales, culturelles, économiques. Elle contribue aussi au développement de chacune d’elles, en mettant en lien non seulement les institutions, mais aussi les habitants, les partenaires sociaux et associatifs ainsi que les structures professionnelles voire les entreprises locales.
Vincennes dispose de nombreuses compétences au sein du personnel communal autour de la restauration, de l’aménagement paysager, du patrimoine et du tourisme. Du côté des Vincennois, il existe aussi tout un réseau d’artisans d’art, d’associations, d’agences de voyages. Enfin la Ville est engagée dans un Agenda 21… Soit une convergence de faisceaux favorables pour soutenir la localité de Gondar, ville également reconnue pour la richesse de son patrimoine et la beauté de son château !
Établi pour trois ans, le projet de coopération décentralisée avec Gondar entre dans sa phase concrète dès 2010. La Charte de la coopération décentralisée - dont la ratification est à l'ordre du jour du conseil municipal d'avril - est un document fondateur qui a pour objet de dégager des valeurs et des grands principes tels que l’humanisme et le développement durable. La municipalité attend aussi la validation du projet par le ministère des Affaires étrangères, ce qui ouvre droit à des subventions.
Un intérêt réciproque
Si la coopération décentralisée est un acte de solidarité qui permet à Vincennes de soutenir et d’engager un projet d’aide au développement, elle offre aussi la possibilité de développer des échanges économiques entre entreprises et partenaires commerciaux. Enjeu social et politique, elle permet d’encourager la citoyenneté et l’action associative. Enfin, la coopération décentralisée est un moyen de valoriser à l’extérieur les potentialités économiques, culturelles et touristiques de la commune en montrant son ouverture et son dynamisme.




















