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Politique

L'Europe n'aime pas la grève




Bruxelles a mis en garde contre les effets négatifs et les risques de répercussions de la grève, en France et en Allemagne, sur l'économie européenne. Le Commissaire européen aux transports et vice-Président de la Commission européenne, Jacques Barrot, pense qu'une longue grève dans les transports peut endommager l'économie, pas seulement, celles de l'Allemagne et de la France, mais aussi, celles des pays voisins. "Dans certaines entreprises belges, a-t-il ajouté, la production a ralenti, parce que les marchandises ne peuvent plus être livrées d'Allemagne, en raison de la grève des transports, en France et en Allemagne, qui a créé rappelons-le, des problèmes au niveau de l'Europe." La grève, dans le secteur des transports, celle des salariés d'EDF-GDF, notamment, a débuté, le 13 novembre, en France, contre le projet de la réforme des régimes spéciaux des retraites, souhaité, par le Président Nicolas Sarkozy, et nécessaire, selon lui, pour renforcer la concurrence, en Europe. Les opposants et les syndicats estiment que cette réforme aura une influence directe sur la situation financière de plus de 500.000 salariés du secteur public et de leurs familles. En Allemagne, la "Deutsche Bahn" (DB) et le puissant syndicat GDL, dans le secteur des transports, s'opposent, depuis le mois de mars, sur la question des salaires. Il s'agit du plus long conflit du rail dans l'histoire du pays. La grève a créé des centaines de kilomètres de bouchons sur les routes allemandes. Le Ministre allemand des transports a déclaré que cette grève aurait des répercussions sur l'économie du pays. Tout cela préoccupe de plus en plus l'Union européenne. Certains analystes estiment, même, que les répercussions que pourraient avoir les mouvements sociaux sur l'économie européenne ne seraient pas sans effet sur les acquis politique de l'Union, entre autres, sur le Traité simplifié qui doit remplacer la Constitution européenne. A ce propos, des dirigeants européens, comme le Premier ministre britannique, Gordon Brown, et le Président français, Nicolas Sarkozy, qui sont conscients de l'impopularité du texte, pensent qu'un referendum sur le sujet pourrait s'avérer dangereux. Les opposants prônent, au contraire, la voie référendaire. Or, les problèmes économiques pourraient empêcher la convergence politique. En France, par exemple, l'opposition pense que la forte concentration du gouvernement sur la politique étrangère relègue les problèmes liés au pouvoir d'achat et à l'économie au second rang. Reste à savoir si oui ou non les institutions européennes, et, surtout, les cols blancs de Bruxelles, apprécient, dans le fond, le droit de grève.

Samedi 17 Novembre 2007
IRIB


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