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Analyse et décryptage

L'étrange révolution de M. Saakachvili (Kommersant)




A en juger par les déclarations des personnalités officielles de Tbilissi, une puissante vague antirusse a inondé la Géorgie. Les autorités et l'opposition rivalisent d'efforts afin de rejeter les soupçons de contacts avec le Kremlin, que chacun tente de faire peser sur l'adversaire. Dans cette situation, la moindre critique émise à l'égard des autorités sera immédiatement interprétée comme un flirt avec le "voisin agressif du Nord". Et ce, d'autant plus que certaines actions et déclarations de Moscou n'ont fait qu'aider Tbilissi en ce sens. Tout cela permet, semble-t-il, à Mikhaïl Saakachvili de savourer sa victoire. Mais celle-ci pourrait bien coûter cher à la Géorgie.

Mikhaïl Saakachvili est arrivé au pouvoir à l'automne 2003 au cours de la révolution des roses dans le rôle du jeune démocrate renversant la vieille équipe bureaucratique et corrompue. Il jouit de cette réputation aussi bien dans son pays qu'en Occident. Cependant, de nombreux changements se sont produits depuis quatre ans. L'équipe présidentielle a perdu de nombreuses figures de proue, notamment celles qui pouvaient faire de l'ombre au chef de l'Etat. Le premier ministre Zourab Jvania, qualifié de "cerveau de la révolution" est mort dans des circonstances mystérieuses. La ministre des Affaires étrangères Salomé Zourabichvili, qui entretient d'excellents contacts avec l'Occident, a été destituée de façon scandaleuse. Enfin, le président n'a pas tardé à se séparer du ministre de la Défense Irakli Okrouachvili, qui était le plus charismatique des dirigeants géorgiens.

Il se peut que Mikhaïl Saakachvili ait renforcé son pouvoir. Mais la verticale rigide qu'il a créée n'a pas rapproché le règlement du principal problème de la Géorgie: la réunification du pays. Et même cela n'est peut-être pas l'essentiel. Ce renforcement du pouvoir présidentiel a discrédité la révolution des roses, car les opposants auront maintenant un argument de poids pour montrer du doigt ceux qui provoquent les révolutions "de velours".

Il est possible que Mikhaïl Saakachvili ait lui-même rendu service, sans le vouloir, à ceux qui ressentent une certaine méfiance envers les révolutions "orange". D'ailleurs, pour l'instant, Moscou n'a pas de raisons de se réjouir, car la Russie devra elle aussi payer cher ce qui se produit en Géorgie: aucun homme politique ayant de la sympathie pour Moscou n'arrivera avant longtemps au pouvoir à Tbilissi.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

Jeudi 11 Octobre 2007
RIA-Novosti


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