La politique des petits pas... Avec persévérance et détermination, Israël réduit jour après jour les chances de survie de la trêve qu'il vient de signer avec le Hamas. Progressivement et de façon pernicieuse, il pousse toujours un peu plus loin les limites de ce qui constitue sa tare la plus caractéristique, à savoir, son incorrigible irrédentisme. Cette trêve qu'Israël a conclue, malgré lui, et par la forces des choses, veut, avant tout, que soient levées les restrictions imposées à la circulation, via les principaux points de passages donnant accès à la Bande de Gaza. En un mot, elle veut la suppression du blocus qui frappe les Gazaouis depuis un an et demi. Or aucune avancée de ce côté-ci, plus de 13 jours après la signature du cessez-le-feu. Depuis le 19 juin, l'armée sioniste n'a daigné qu'entrouvrir, pour quelques heures, les terminaux trans-frontaliers. Le principe est donc toujours le même : tourner la vis de purge d'un tour, tout en donnant l'impression de la relâcher, sans le faire réellement. Cette détestable pratique, le Hamas la connaît trop bien pour en être dupe ou surpris. Le Porte-parole du Mouvement vient d'ailleurs de lancer à Tel-Aviv une ferme mise en garde qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : le maintien du bouclage de Gaza équivaut à la suspension de la trêve (point final). C'est vrai que ce cessez-le-feu marque une grande victoire pour la Résistance palestinienne à qui Israël renie tout, jusqu'au droit à l'existence, mais c'est vrai, aussi, que ce cessez-le-feu ne pourrait, en toute logique, trop longtemps survivre aux coups perfides que lui assène un régime, pour qui la paix n'a jamais été autre chose qu'une simple affaire de fausse signature. La question qui se pose est, dès lors, la suivante : faire la paix avec une entité belliqueuse, est-ce vraiment tenable ? Si cette paix signifie l'éloignement de l'horreur de la guerre, de l'odeur du sang et des bombes, la réponse relève de l'évidence.