Une semaine s'écoule depuis la mort de 10 soldats français en Afghanistan et le gouvernement Sarkozy multiplie tant bien que mal les mesures pour alléger les pressions croissantes de l'opinion publique, issues de cet incident. Sur cette base, le Premier ministre, François Fillon, a proposé que le débat sur la présence militaire française en Afghanistan, prévu fin septembre au Parlement, soit suivi d'un vote. Les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale envisagent ainsi de revoir dès la semaine prochaine cette proposition au cours de leur réunion commune avec les responsables militaires et sécuritaires et présenter ensuite les résultats de leurs consultations aux parlementaires, résultats qui serviront de base aux prises de décision ultérieurs. Depuis la révision promulguée le 24 juillet, l'article 35 de la Constitution prévoit en effet que le gouvernement soumette à l'autorisation du Parlement, la prolongation d'une intervention des forces armées françaises à l'étranger, lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois. Le vote suivra une déclaration du gouvernement et un débat, qui aura lieu au cours de la session extraordinaire du Parlement à partir du 22 septembre. La semaine dernière a été, rappelons-le, une semaine particulièrement sanglante pour le contingent français en Afghanistan. Lors de sa visite surprise à Kaboul, Sarkozy a déployé tout son art de politicien pour justifier les pertes et remonter le moral de ses troupes mais la pilule a visiblement du mal à passer. La politique à l'américaine du président en Afghanistan avec à la clé l'envoie de nouveaux renforts et la prolongation de la mission des forces françaises de l'OTAN, continue à susciter l'ire de l'opposition de gauche et de l'opinion publique et ce mécontentement se reflète à travers les sondages qui montrent un net recule du chef de l'état et de son Premier ministre. Aux termes des résultats d'un dernier sondage d'opinion, la cote de popularité de Sarkozy et de Fillon a perdu respectivement 35 et 45%. La plupart des observateurs politiques croient que le dysfonctionnement de la méthode Sarkozy sur la scène économique et politique et son alignement sur la politique américaine explique cette disgrâce. C'est sans doute pour cette raison que Matignon tente de se cacher derrière le vote du parlement sur la guerre en Afghanistan. En tout cas, le prochain débat parlementaire sur l'Afghanistan, promet d'être houleux, les députés de gauche ayant déjà affirmé vouloir tout dire sur les dangers de la présence prolongée des militaires français en Afghanistan. Il en ressort que la prolongation d'une intervention des forces armées françaises à l'étranger, notamment en Afghanistan, n'aura d'autre résultat que d'exacerber l'insécurité, la violence et le massacre de civils mais les dégâts risquent cette fois ne pas se limiter au sol afghan.