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Géopolitique et stratégie
Le prix à payer pour l’île de SocotraDans la même rubrique:
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Boris Pavlichtchev
Jeudi 9 Février 2012
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En se préparant à une guerre éventuelle avec l’Iran, les Etats-Unis sont en train d’accroître leur présence militaire dans le Golfe Persique. Les forces militaires américaines sont notamment concentrées sur deux îles stratégiques : Masirah et Socotra qui font partie du territoire du Yémen. La présence américaine sur l'île de Socotra est devenue possible grâce à l’accord que l'ancien président du Yémen Ali Abdullah Saleh a passé avec Washington. Ce détail intéressant a été rapporté ce mercredi par le portail militaire israélien DEBKA . Le Yémen était l'un des premiers à être impliqué dans la Révolution Arabe. Des manifestations de masse exigeant la démission du président Saleh, qui a dirigé le pays pendant plus de 30 ans, a commencé en février 2011. Mais il n’était pas pressé de partir, et l’atmosphère au Yémen devenait de plus en plus tendue. Vers l’été, des batailles entre les habitants ont éclaté dans les rues de la capitale du pays Sanaa. Le 3 juin, lors du bombardement de la résidence présidentielle, Saleh a été blessé et était obligé de partir en Arabie saoudite pour suivre un traitement. En automne, après son retour et de nouvelles vagues de protestation, il a transmis le pouvoir à un remplaçant. Et il y a quelques jours, Saleh est parti aux Etats-Unis «pour poursuivre sont traitement». Le site DEBKA affirme que Washington a depuis longtemps refusé l’entrée de l'ex-président du pays dans le pays et a changé d’avis seulement lorsque Saleh a accepté d'aider à accroître le contingent américain sur l'île de Socotra. Selon le directeur du Centre des recherches socio-politiques Vladimir Evseev, l’accord de Saleh avec Washington pourrait avoir lieu dans un contexte beaucoup plus large. Il s'agit notamment du choix de son successeur, ce qui arrangerait les Américains. « Les Etats-Unis essaient de mettre une pression supplémentaire sur l'ancien président du Yémen, ce qui explique pourquoi l'entrée aux Etats-Unis lui était refusée », analyse Evseev. « Lorsque leurs demandes ont été satisfaites, la permission d’entrée sur le territoire américain a été accordée à Saleh. Il a accepté les conditions de l’accord avec les Américains, à savoir la transmission du pouvoir à un remplaçant, et cela correspond aux intérêts non seulement des Etats-Unis, mais aussi à leur partenaire proche – l’Arabie saoudite ». Le départ de l'ancien président permettra de stabiliser la situation au Yémen, où il vit une diaspora chiite nombreuse, soumise à l'influence de l’Iran. L’accalmie au Yémen est à l’avantage des Américains, surtout s’ils envisagent d’installer une base militaire dans la région. Si l’on se pose la question à quoi servirait cette base, on pourrait penser que Washington envisage sérieusement la possibilité d’une confrontation avec Téhéran, qui risque de se transformer en un conflit armé. « De ce point de vue, la présence d'une base militaire est extrêmement utile, parce que les pays voisins de l'Iran – l’Irak, la Turquie, le Turkménistan et l'Afghanistan, refusent de proposer aux bases américaines leur territoire, ou sont des régimes qui ne sont pas très stables », poursuit Vladimir Evseev. Les ingénieurs militaires américains ont atterri sur l'île de Socotra pour la première fois en 2010. C’est en secret qu’on a commencé la construction d’une grande base aérienne, d’un lieu de stationnement pour les sous-marins, des centres de commandement et de renseignement, et des lieux de décollage pour les drones. Lorsque le Pentagone a senti qu’il est nécessaire d’augmenter le nombre de troupes américaines sur l'île de Socotra, il a eu besoin d'un nouvel accord, d’où - les négociations avec Saleh. Toutefois, l'arrivée des troupes sur l'île et dans la région ne signifie pas pour l’instant que la guerre est proche, selon l’expert de l’Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) Guéorgui Mirski. « Aucune opération militaire des Etats-Unis contre l'Iran n’est prévue pour l’instant, au moins pendant cette année électorale », explique-t-il. « Mais l'Iran a déclaré à plusieurs reprises récemment, qu’il pourrait bloquer le détroit d'Ormuz. Je ne pense pas qu'il le fera. Néanmoins, les Américains doivent montrer une réaction à ces déclarations. C’est pourquoi ils envoient des troupes supplémentaires dans la région ». Selon le portail DEBKA, vers la mi-février les contingents des forces américaines sur les îles de Socotra et de Masirah devraient atteindre 50.000 personnes. D’ici à mars, près de 100.000 soldats américains se concentreront dans la région du golfe Persique – le même nombre qu’avant la guerre avec l'Irak en 2003. Il ne faut pas oublier de mentionner les alliés des Etats-Unis - la Grande-Bretagne et la France, dont les forces armées arrivent aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite. Dans une telle situation, toute provocation armée de la part de l'Iran risque de dégénérer en guerre. Il reste à espérer que les différents cotés se préparant militairement à un conflit armé feront preuve de prudence et que ces préparations militaires n'empêcheront pas les négociations de six médiateurs internationaux (cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne) avec Téhéran sur le dossier nucléaire. Jeudi 9 Février 2012
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