de Jürgen Rose*
Pendant la guerre froide le slogan était «faire la paix avec moins d’armes». Aujourd’hui, les grands prêtres de l’interventionnisme global vêtus en noir, rouge, vert et parfois en jaune agissent fidèlement selon la maxime «faire la paix avec toute la violence possible». On camoufle cette politique avec de la propagande par des termes tels que «pacifisme politique», «guerre contre le terrorisme» ou «intervention humanitaire». En réalité, il s’agit avant tout des guerres pour la mondialisation dans l’intérêt du club des riches.
Mais ce n’est pas la guerre qui peut amener la paix, c’est uniquement la justice. Selon un proverbe romain bien connu, modifié pour l’occasion, la devise doit être la suivante: Si tu veux la paix, sers la paix! Ce combat pour la paix doit être mené pour atteindre les âmes et les cœurs des gens – avant tout dans les pays islamiques. Mais c’est inimaginable que cela réussisse par des bombes et des missiles. Chaque bombe déclenchée au-dessus de l’Afghanistan, de l’Irak et peut-être bientôt de l’Iran augmente de manière incommensurable la haine du monde islamique contre les Etats-Unis et leurs vassaux européens.
C’est pourquoi il est temps de se lever et de dire «non», comme Robert Bowman, qui, pendant la guerre de Vietnam, et comme pilote de combat des forces aériennes américaines envoyait la mort et la destruction du ciel. Plus tard, il est devenu évêque de l’église catholique unie à Melbourne Beach, en Floride, et stigmatise aujourd’hui la politique belliciste de son gouvernement: «Au lieu d’envoyer nos fils autour du monde pour tuer des Arabes afin que nous puissions nous procurer le pétrole gisant sous leur sable, nous devrions les envoyer pour reconstruire leur infrastructure, pour leur fournir de l’eau potable et pour nourrir des enfants affamés.» Et de continuer: «Bref, nous devrions faire du bien au lieu du mal. Qui essayerait de nous en empêcher? Qui nous haïrait? Qui voudrait nous bombarder? Voilà la vérité que les citoyens américains et le monde doivent entendre.»
Nous aussi nous devrions entendre cette vérité et agir de la sorte. Notre constitution stipule: «Toute force étatique provient du peuple. Elle est exercée par le peuple lors d’élections et de scrutins […]». Alors allons-y: Utilisons de façon absolument démocratique la force de notre voix d’électeur et d’électrice. Arrêtons tout simplement d’élire les partis de la guerre. Faisons cela sans faute jusqu’à ce que notre message sonne dans les oreilles du dernier des meneurs de guerre de Berlin: Ces guerres ne sont pas nos guerres! Et pour cela, stop avec ces guerres! Donnons une chance à la paix!
* Extrait du discours tenu lors de la marche de Pâques pour la paix du «Friedensnetzwerk» du département Pinneberg, samedi le 22 mars. L’auteur qui défend dans cette contribution son opinion personnelle est lieutenant-colonel de la Bundeswehr.