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Petition des travailleurs sociaux de Lyon : Pour un réel engagement en faveur des personnes SDF 26/01/2010
A Lyon, au début de l’hiver, aucun nouveau centre d’hébergement n’a ouvert ses portes, contrairement aux années précédentes. C’est ce constat laconique qui introduit une pétition émanant des professionnels de Lyon intervenant dans le champ de l’urgence sociale (centres d’hébergement d’urgence, de soin, accueils de jour, Samu Social, équipes mobile de soin…), pétition en appelant à un réel engagement en faveur de l’hébergement des personnes SDF. Alors que les températures étaient encore clémentes, 100 à 130 personnes ayant sollicité le 115 se trouvaient alors chaque nuit, sans solution. Ce nombre ne reflète que " la partie émergée de l’iceberg ", les individus sans logement ni hébergement étant estimés à plusieurs milliers . Les capacités en matière d’hébergement d’urgence se trouvaient par conséquent largement insuffisantes. Cette situation lyonnaise est de plus une situation " hors la loi ", au regard de l’article 73 de la loi MOLLE stipulant que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence " et que " toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ". Dans le Rhône, les places de mise à l’abri demeurent attribuées pour une durée de une à trois nuit, le 115 étant contraint de gérer, en toute illégalité, une rotation des places d’urgence. Les SDF s’épuisent par conséquent à appeler quotidiennement le 115, le système de l’urgence sociale les contraignant à errer de centre en centre et à alterner nuits dehors et nuits en structure d’hébergement.
Considérant l’inapplication, dans le Rhône, de l’article 73 de la MOLLE et les conséquences dramatiques de cette non-application pour les personnes de la rue rencontrées chaque jour, les professionnels de l’urgence sociale ont décidé de se mobiliser au travers d’une pétition qu’ils ont largement diffusée (http://reelengagementsdf.free.fr/). Elle a été envoyée à M. Benoist Apparu, secrétaire d'État chargé du Logement et de l’Urbanisme, au préfet du Rhône ainsi qu’aux collectivités locales le 30 Novembre (avec plus de 2600 signatures). Aujourd’hui, elle compte plus de 3500 signataires. Il était est demandé, dans l’urgence, l’ouverture dès janvier de deux centres d’hébergement d’urgence pérennes, adaptés aux besoins identifiés par les intervenants de terrain ainsi que l’engagement réel de l’Etat et des collectivités locales au travers d’un signe fort pour le maintien, la pérennisation et l’amélioration des structures existantes. Les professionnels réclamaient, à terme, une application locale du rapport PINTE et de la loi MOLLE à partir des diagnostics réalisés sur l’agglomération lyonnaise ; c'est-à-dire un effort financier conséquent à tous les niveaux du dispositif logement/hébergement. Si la réponse apportée ne répondait pas aux exigences formulées, ils s’engageraient dans un mouvement de mobilisation et inviteraient les personnes concernées à faire valoir leurs droits. Le 22 décembre, ces professionnels étaient reçus à la préfecture, en compagnie des directeurs des principales associations lyonnaises de l’urgence sociale ainsi que de représentants des collectivités locales. Au-delà des effets d’annonce, un centre d’hébergement d’urgence de 60 places pour familles a ouvert ses portes, pour deux mois et demi, le 15 janvier 2010. En parallèle, la mise à disposition d’un gymnase par la ville, pour une semaine, mettait en lumière qu’il manquait, a minima, 110 places pour les personnes isolées. Les demandes formulées dans la pétition (ouverture de deux centres d’hébergement pérennes et mise en place de réelles mesures pour que l’article 73 de la loi MOLLE soit appliqués) ne sont nullement satisfaites Comme annoncé dans la pétition, les professionnels de l’urgence sociale (représentant plus de 15 structures du département) s’engagent par conséquent, à présent, dans un mouvement de mobilisation. Le 28 janvier, un certain nombre d’entre eux seront en grève et manifesteront à 14 h, devant la préfecture, en compagnie de citoyens sensibles à cette question, pour demander le respect de l’article 73 ainsi que la création des places d’hébergement nécessaires à son application. Il s’agit d’un mouvement inédit qui souligne l’ampleur de la crise dans le département du Rhône. En tant que travailleurs sociaux, nous ne souhaitons plus, par notre silence, être les complices d’une situation de non-droit condamnant les plus faibles à demeurer sur le bitume dans l’indifférence générale. Les enjeux sont posés ; la réponse engage notre conception d’un Etat de droit moderne. |




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