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Qui l'eut cru?


Le marché agri-culturel (agricole ET culturel) "Qui l'eut cru?" s'est installé pour sa seconde édition le dimanche 09 octobre 2016 au Domaine de Valx à la ferme des Fabrigoules.



Pour un des derniers soleils d’automne, il était encore assez généreux en ce dimanche 9 octobre au domaine de Valx à Moutiers Sainte-Marie (04). Le GAEC de La Ferme des Fabrigoules accueillait la seconde édition de « Qui l’eut cru? » un évènement qui s’auto-qualifie de « marché agriculturel". Ainsi, à côté des chèvres et de l’atelier de fabrication de fromages, le site a vu se dresser au petit matin des stands de primeurs et d’artisanat local, des chaises et des tables de kermesse et même une petite scène à même le sol.
Le principe en est assez simple: un peu agricole, un peu culturel. Il s’agit de rassembler en une journée festive tous ceux qui produisent quelque chose sur le territoire, que ce soit alimentaire, artisanal ou culturel. Comme le dit Romain Chaffard, de l’association « Le Plancher des chèvres » qui organise l’évènement: «Evidemment, on peut produire des tomates, des fromages et des poteries, mais aussi des chansons ou des spectacles.»
Pour participer à l’évènement, il faut d’abord être « du cru », c’est-à-dire du territoire. Chaque année, « Qui l’eut cru? » s’installe dans une ferme et invite les « producteurs » locaux à participer. Cette année, au domaine de Valx, le résultat de ce concept original était avant tout sympathique et convivial. Au programme de ce cette journée : un atelier pédagogique organisé par le Parc naturel régional du Verdon et le GAEC de La Ferme des Fabrigoules, un concert de Grav’Ophone, une visite contée hilarante du domaine par Philomène la conteuse et d’excellents produits locaux à profusion. Beaucoup étaient venus pour faire leur marché et sont finalement restés séduits  par l’offre culturelle et l’ambiance générale de la journée. Qui l’eut cru?

Qui l'eut cru?


Une journée comme celle-ci au domaine de Valx soulève plusieurs axes de réflexion:
 
  1. L’accueil du public et l’éducation au territoire. Le Parc naturel régional est gestionnaire du domaine de Valx pour le compte du Conservatoire du Littoral (propriétaire). Il a aussi pour coeur de mission de favoriser le maintien de l’agriculture, une agriculture respectueuse du territoire, sur lequel la pression foncière est forte. Dans ce cadre, le parc a accueilli en 2014, le GAEC de La Ferme des Fabrigoules et son activité fromagère caprine, juste au-dessus de la maison du Parc dans une ferme pédagogique  neuve et innovante équipée d’un laboratoire pédagogique. Le Parc et le GAEC y organisent en partenariat des animations pédagogiques autour de la vie de la ferme et de la production fromagère, l’occasion pour le parc de réaliser une autre de ses missions: l’éducation au territoire.
 2.  Valoriser une agriculture locale extensive. Si le tourisme est roi sur notre territoire, l’agriculture reste la reine. Elle emploie 10% des actifs et occupe encore près du quart de la superficie du Parc. Cette agriculture de subsistance, c'est-à-dire familiale et mixte (maraichage, élevage, céréales, olives etc.) pratiquée sur de petites surfaces, a fondé l'identité de notre territoire. Mais s'il y a cinquante ans l'intégralité de la population du territoire gravitait autour de l'agriculture, en 2014, ce n'est plus le cas. L’agriculture connaît des difficultés structurelles, avec une forte réduction du nombre d’actifs agricoles et un faible niveau d’installation. Il est de plus en plus difficile pour de jeunes agriculteurs qui n'héritent pas de terres de leurs parents, de s'installer ici.  Et malgré cela, l'agriculture joue toujours un rôle essentiel pour notre économie, notre patrimoine paysager, la conservation de notre patrimoine naturel et la richesse du patrimoine culturel. Sans l'agriculture, le Verdon ne serait plus le Verdon. Dans ce contexte, le Parc naturel régional du Verdon porte une politique forte pour soutenir de nouvelles installations d'agriculteurs, dont celle du GAEC est la concrétisation. 
 
Acheter en direct ou en circuit-court aux producteurs locaux est par ailleurs une façon simple pour tout un chacun de soutenir une agriculture locale durable. 
  
3. Les circuits-courts culturels. Si on commence à connaître les circuits courts alimentaires, comme la vente directe dans les fermes, les paniers bios, les coopératives et marchés de producteurs, on connaît bien moins les circuits courts dans d’autres secteurs comme l’habitat, l’éducation, la santé ou encore la culture. Grâce au lien induit qu’il crée, c’est-à-dire la proximité géographique et la participation active du consommateur, le circuit-court culturel permet de démocratiser l’accès à la culture, de le « démarchandiser ». Pour "Qui l’eut cru?", ce sont des artistes locaux qui animent toujours l’évènement. 

Qui l'eut cru?

Ferme des Fabrigoules
 

Plancher des chèvres 
 

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