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Restauration d'un réservoir d'eau à Saint-Jurs


Aboutissement d’un projet de deux années, la restauration du bassin voûté de la fontaine fraîche de Saint-Jurs s’est terminée le week-end des 2 et 3 mai 2015. Derniers coups de taloches avant de rendre aux habitants l’usage de ce superbe réservoir traditionnel qui permettra aux potagers de tenir l’été...



Ce matin, le platane de la fontaine fraîche de Saint-Jurs voit passer les dernières brouettes de pierres ou de mortier. En contrebas, le bassin voûté, qui récupère la surverse de la fontaine, retrouve enfin son aspect originel : oublié pendant des lustres, complètement recouvert par les ronces et les arbustes, ce réservoir avait vu s’écrouler en partie le mur qui soutenait sa voûte.

Répertoriée par Marjorie Salvarelli, chargée de projet pour le PNR du Verdon, sa restauration a fait l’objet d’un chantier participatif alliant plusieurs techniques, depuis les murettes en pierres sèches, la maçonnerie proprement dite avec un mortier de chaux, jusqu’à l’enduit d’étanchéité au ciment prompt. L’association des pique-greuto présidée par Michel Favre et la Mairie de Saint-Jurs sont partenaires du projet.

Sur ce chantier, Philippe Bertone, le formateur de l’Ecole d’Avignon, n’a plus grand’chose à apprendre aux bénévoles présents : le dosage de la chaux ou le choix des pierres n’ont plus de secret pour eux, l’ambiance détendue qui règne n’empêche pas le goût du travail bien fait. L’étanchéité du bassin est quasiment terminée, il s’agit de monter les derniers niveaux du mur pignon, qui sera percé d’une ouverture permettant de contrôler l’état de l’eau. La voûte, les arêtes et les angles sont montés traditionnellement à l’aide de pierres de tuf, solides mais poreuses et donc plus légères. Cette porosité a d’ailleurs permis à la voûte de supporter vaillament le poids des années, en laissant passer les infiltrations, sans que les joints soient attaqués.

Bientôt le réservoir sera mis en eau, et sa contenance, presque 30 m3, permettra cet été une meilleure irrigation des jardins potagers qui se nichent sous le village. L’espace situé devant la fontaine fraîche, qui a longtemps été le seul point d’eau de Saint Jurs, s’en trouve agrandi, embelli par les plantations de fleurs. A l’ombre du platane, il va très vite devenir un lieu convivial particulièrement agréable pour les pique-nique. Qu’on se le dise !



La richesse du territoire du Verdon est constituée par les paysages mais également par le patrimoine bâti qui le caractérise. On rencontre un bâti vernaculaire très important, où se côtoient chapelles, lavoirs, fours, fontaines, cabanons mais aussi une architecture plus savante, composée de quelques hôtels remarquables, châteaux...

Depuis 2011, un programme de valorisation et de transmission des savoir-faire en matière de patrimoine bâti a permis d’engager une sensibilisation des maîtres d’ouvrage publics et privés quant à la restauration qualitative de leur patrimoine bâti. La diffusion d’un guide, les actions de rencontre-sensibilisation, les chantiers grands publics ou la mise en place de formations ont pour objectif de préserver l’identité des territoires du Verdon, mais aussi de diversifier un tourisme essentiellement tourné vers les gorges et les lacs.

Le Parc intervient en particulier grâce aux chantiers-écoles : depuis 2011, 15 chantiers-écoles ont été organisés afin de sensibiliser les particuliers et les collectivités aux savoir-faire traditionnels. Plus de deux cents personnes ont ainsi été formées aux techniques traditionnelles telles que les enduits à la chaux, la pierre sèche, la calade, et ont en même temps participé à la restauration et la valorisation d’un patrimoine bâti commun. Ces chantiers sont organisés sur candidature des communes, en partenariat avec la mairie et une association locale, comme «les pique greuto» à Saint-Jurs. Une convention vient répartir les rôles de chacun. Le Parc du Verdon accompagne les communes dans la recherche de financements, les choix techniques, initie la mise en place de formations à l'attention des employés communaux.

Outre le bassin voûté à St Jurs, on peut citer, depuis 2011, les chantiers de restauration de l’aqueduc de la Maline à Ginasservis, du four à pain des puits neufs et d’une calade à St Julien-le-Montagnier, de la source des mines à Aiguines, du lavoir de Poiraque à Quinson, du mur apier du Riou à Moustiers, d’un pigeonnier-cabanon à Puimoisson, de calades, à Vinon et La Bastide, de la montée vers Notre Dame du roc à Castellane et de plusieurs chapelles (Bargème, Trigance, La Palud, Esparron).

D’autre part, afin de mesurer l’ampleur de ce patrimoine rural, un inventaire, initié en 1996 par quelques associations du patrimoine, a été réactualisé en 2008-2009-2010 par le Parc, avec la mise en place de fiches accessibles aux internautes sur la carthothèque (le Système d’Information Territoriale - SIT). Pour chaque édifice, une fiche propose une approche historique, une description architecturale, un bilan sanitaire et des préconisations de restauration assorties. Ainsi, plus de 1300 édifices faisant partie du patrimoine public ont bénéficié de ce traitement.

Enfin, depuis 2008, le parc s’est rapproché du Service Régional de l’Inventaire pour pouvoir échanger des données entre ces deux services. Programmée pour 2015-2017, cette nouvelle action vise à cibler un patrimoine remarquable, celui lié à l’eau. Ainsi, canaux d’irrigation, aqueduc, moulin, qu’ils soient situés sur le domaine public ou privé, viendront enrichir l’inventaire actuel.








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