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Saint-Julien le Montagnier regarde voler les papillons de nuit


Les inventaires participatifs de la biodiversité se poursuivent à Saint-Julien le Montagnier avec une soirée conviviale d'observation et d'inventaires des espèces de papillons nocturnes présentes sur la commune.



Les inventaires de la biodiversité à Saint-Julien-le-Montagnier se penchaient ce 17 juillet sur le monde méconnu et un peu mystérieux des papillons de nuit : peuple innombrable et presqu'invisible, les papillons de nuit représentent pourtant 95% des espèces de papillon, et peuvent se montrer aussi étonnants et colorés que leurs congénères diurnes.
Guidés par les entomologistes Yves Doux et Nicolas Maurel, de l'association Proserpine, les participants repèrent au préalable sur la carte l'emplacement idéal pour installer leur piège à insectes, aussi simple qu'efficace. Dans une clairière à l'abri du vent, à égale distance d'une zone humide de bord de ruisseau et d'une colline plus sèche et pierreuse, quelques draps blancs étalés dans l'herbe vont former la piste d'atterrissage, une grosse ampoule électrique à vapeur de mercure plantée au milieu incarnant la tour de contrôle de l'aérodrome.
Dès la nuit tombée, les insectes et papillons nocturnes, se repérant habituellement grâce à la lune dans leurs déplacements, vont être irrésistiblement attirés par cette énorme lune artificielle, et se poser après quelques instants sur le drap blanc. Yves et Nicolas repèrent dès son arrivée le moindre papillon qui surgit des ténèbres et le nomment presqu'à coup sûr ! Impressionnant !
Un imposant guide répertoriant les papillons de nuit, dont Yves Doux est l'un des auteurs, leur sert à confirmer leur hypothèse et préciser les informations sur le papillon. Celui-ci est pour un moment emprisonné dans une boîte-loupe, qui permet une observation facile. La boîte passe de main en main, Dominique, responsable du patrimoine naturel pour le PNR fait quelques clichés macro, puis le papillon est libéré.
Ainsi, jusqu'aux environs de minuit, les habitants de Saint-Julien et vacanciers présents vont participer avec Yves et Nicolas à l'inventaire d'une cinquantaine d'espèces différentes, signe que ce territoire résiste un peu mieux que d'autres régions françaises au déclin inquiétant de la diversité de la faune et de la flore.


La biodiversité, ou diversité du vivant, est absolument essentielle à la vie humaine et totalement imbriquée au fonctionnement de la planète. Elle subit pourtant une crise sans précédent. A l’échelle de la vie sur Terre, c’est même une extinction massive et extrêmement rapide. Une prise de conscience se fait progressivement, à tous les niveaux, international, européen, national, régional : le Parc naturel du Verdon y prend toute sa place.

 

Pour ce qui concerne les papillons, le territoire du Parc est situé au cœur de la toute première région d'Europe par la diversité des espèces : plus de 2500, papillons de nuit compris, dont 208 espèces diurnes sur les 260 que compte le territoire français métropolitain. Cette richesse entomologique est le fruit d'une diversité paysagère et botanique extraordinaire. En effet, sans plante, les papillons ne peuvent pas vivre. Le principal enjeu dans la conservation des espèces de lépidoptères passe donc par la protection et la gestion de leurs milieux.

 

Ainsi, en 2011, un rapport de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), qui ciblait plus précisément les papillons de prairie, tirait la sonnette d'alarme : entre 1991 et 2011, les populations de papillons de prairie ont diminué de moitié. Le rapport rappelait l'intérêt de ces espèces, considérées comme de bons indicateurs du déclin de la plupart des autres insectes terrestres. En cause, l'agriculture intensive qui rend les cultures uniformes et stériles à la biodiversité, sans compter l'usage, souvent important, de pesticides qui touchent les populations de papillons. D'autre part, les terres abandonnées se multiplient et laissent progressivement place aux buissons et aux forêts. Le rapport rappelait enfin l'importance des terres agricoles à forte valeur naturelle cultivées de manières traditionnelle, qui représentent des habitats importants pour les papillons.

 

Les inventaires citoyens de la biodiversité tels que ceux qui se déroulent cette année à Saint-Julien-le-Montagnier, après Allons, Ginasservis et La-Palud-sur-Verdon, relèvent d’une démarche participative qui associe les habitants de ce village à l’inventaire du patrimoine naturel de leur commune. Choisie pour une année à la suite d’un appel à communes volontaires, Saint-Julien voit ses habitants appelés à devenir des observateurs relais sur le terrain, afin de faire remonter des observations sur un territoire qu’ils connaissent bien : chasseurs, pêcheurs, randonneurs, jardiniers, agriculteurs, bergers... Leur regard et leurs connaissances peuvent préciser les relevés, combler des manques. D’avril à octobre, une dizaine d’inventaires sont menés, la première réunion ayant permis d’en construire le programme avec les habitants, accompagnés de scientifiques ou naturalistes. Dans le même esprit, une récolte des savoirs populaires se fait : il s’agit d’interviewer chez eux des habitants qui ont un savoir particulier, tels qu’un berger, un éleveur, un viticulteur... 

 

Pour aller plus loin : 

Le site de l’Observatoire régional de la biodiversité 

The European Grassland Butterfly Indicator

 







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