Après avoir soigneusement évité de prononcer le mot "rigueur", le gouvernement commence à parler "compétitivité"
« Non à la rigueur, non à l’austérité !» Les gouvernements passent, les tabous demeurent. Curieux, alors que 67% des Français, selon un sondage Ifop/JDD, se déclarent prêts à rogner sur leur budget pour redresser les comptes du pays, et que 84% ne croient pas au discours selon lequel les classes moyennes et populaires seraient épargnées par les hausses de prélèvements. Ne vaudrait-il pas mieux nous dire la vérité ? En réalité, elle nous est dite sur tous les tons. Elle sera déclinée dans tous les styles aujourd’hui. Elle sera célébrée le 14 juillet par le président de la République : elle s’appelle « Compétitivité ».
Modèle Schröder
J’assistais cette semaine à un dîner de grands patrons autour du ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Sapin. Entre gaspacho et fraises Melba, le mot « Compétitivité » est bien revenu une douzaine de fois dans son exposé, destiné à la fois à rassurer les chefs d’entreprise et à réveiller leur « amour de la France ». Inévitablement, suivaient ces chiffres inquiétants : tandis que l’Allemagne, dont le commerce extérieur est excédentaire de 160 milliards d’Euros, connaît un chômage inférieur à 7% et doit relancer sa politique d’immigration , la France, voit plonger son déficit commercial à 70 milliards d’euros ; elle a perdu , en dix ans, 750 000 emplois industriels…
Modèle Merkel
L’Allemagne, toujours l’Allemagne ! Chaque pays, insiste Sapin, a son propre modèle, qui dépend de son histoire. N’empêche : comment ne pas être obsédés par le « miracle allemand » ? Il tient, nous le savons bien, à un savoir faire industriel ancien. Mais il est né surtout de « l’Agenda 2010 » voté en 2002 du temps du Chancelier socialiste Gerhard Schröder. Ce plan – encore un tabou ! -comportait non seulement des baisses de charges sociales pour les entreprises mais une « dérégulation » du marché du travail ( en particulier un strict contrôle des allocations chômage ), réclamée avec insistance par la patronne du Medef, Laurence Parisot. Sans compter un gel des retraites…Or, il a été mis en œuvre avec succès. Pourquoi ? Parce que le chef de l’opposition d’alors, la démocrate-chrétienne Angela Merkel, l’a courageusement voté. Et parce que syndicats et patronat ont mené un très responsable « dialogue social ». Le rêve de Hollande, Ayrault et Sapin est donc de tisser, dans un pays où les mots « lutte des classes » et « Révolution » rencontrent encore tant d’écho, un tel dialogue. L’avalanche de plans sociaux ne devrait-elle pas pousser tous les partenaires à consentir des sacrifices sur l’autel du patriotisme ? Quant à l’opposition, on lui conseillera d’oublier un moment ses querelles de chefs : pour suivre l’exemple d’Angela Merkel.
Modèle Schröder
J’assistais cette semaine à un dîner de grands patrons autour du ministre du Travail et de l’Emploi, Michel Sapin. Entre gaspacho et fraises Melba, le mot « Compétitivité » est bien revenu une douzaine de fois dans son exposé, destiné à la fois à rassurer les chefs d’entreprise et à réveiller leur « amour de la France ». Inévitablement, suivaient ces chiffres inquiétants : tandis que l’Allemagne, dont le commerce extérieur est excédentaire de 160 milliards d’Euros, connaît un chômage inférieur à 7% et doit relancer sa politique d’immigration , la France, voit plonger son déficit commercial à 70 milliards d’euros ; elle a perdu , en dix ans, 750 000 emplois industriels…
Modèle Merkel
L’Allemagne, toujours l’Allemagne ! Chaque pays, insiste Sapin, a son propre modèle, qui dépend de son histoire. N’empêche : comment ne pas être obsédés par le « miracle allemand » ? Il tient, nous le savons bien, à un savoir faire industriel ancien. Mais il est né surtout de « l’Agenda 2010 » voté en 2002 du temps du Chancelier socialiste Gerhard Schröder. Ce plan – encore un tabou ! -comportait non seulement des baisses de charges sociales pour les entreprises mais une « dérégulation » du marché du travail ( en particulier un strict contrôle des allocations chômage ), réclamée avec insistance par la patronne du Medef, Laurence Parisot. Sans compter un gel des retraites…Or, il a été mis en œuvre avec succès. Pourquoi ? Parce que le chef de l’opposition d’alors, la démocrate-chrétienne Angela Merkel, l’a courageusement voté. Et parce que syndicats et patronat ont mené un très responsable « dialogue social ». Le rêve de Hollande, Ayrault et Sapin est donc de tisser, dans un pays où les mots « lutte des classes » et « Révolution » rencontrent encore tant d’écho, un tel dialogue. L’avalanche de plans sociaux ne devrait-elle pas pousser tous les partenaires à consentir des sacrifices sur l’autel du patriotisme ? Quant à l’opposition, on lui conseillera d’oublier un moment ses querelles de chefs : pour suivre l’exemple d’Angela Merkel.
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