"On ne dira plus que je suis un enfant! "


« Dissous de fatigue », dit-il devant ses cartons de livres, avant un dernier regard pour le parc de l’Elysée. Dans les dernières semaines de la campagne, Henri Guaino a travaillé toutes les nuits aux discours de Nicolas Sarkozy. « Une fois même, couché à 9h du matin…pour me réveiller à 10 heures ! » Il en a perdu le sommeil : « en cinq ans, j’ai pris vingt ans ! On ne dira plus que je suis un enfant ! » Mais il sourit. Quoi, pas de remords ? La veille, lors de la projection, devant une salle comble où Michel Sapin côtoyait Rama Yade, de l’excellent document TV« Stratèges » tourné par Thomas Legrand et David André, on le voyait affirmer ( en février) qu’on ne pouvait pas « déclarer la guerre aux pauvres et aux arabes… ». Le public applaudissait, en se demandant à quel moment le conseiller spécial de l’Elysée, contredit par l’influent Patrick Buisson, avait songé à démissionner. Mais non. Il n’a pas eu de « problème de conscience » avec le thème des « frontières ». C’était juste « le ton », quand Sarkozy sortait du texte. Et puis, l’oubli des problèmes sociaux « comme si l’on pensait que la politique est impuissante à les résoudre ». Mais aujourd’hui, on le félicite partout pour la « belle sortie » de Sarkozy - ce dernier discours à la Mutualité. Même à France Inter, Sophia Aram lui dédie un billet affectueux. D’ailleurs, les électeurs n’ont-ils pas été touchés par sa « vision de la France » et par son « orgueil du pauvre », quand il a tenu ses propres meetings ? Voilà pourquoi il se présentera dans la troisième circonscription des Yvelines. L’UMP a déjà un candidat local, Olivier Delaporte, maire de la Celle Saint Cloud ? Guaino se redresse, plus fatigué du tout « Rien à cirer ! »