Télégramme de Brest

21 Mai 2012

François Hollande affiche, sur la scène internationale, sa détermination à relancer la croissance . Un message qui reçoit un écho positif outre-Atlantique. Qu'en sera-t-il avec Angela Merkel ? Quelles mesures seront mises en place dans l'hexagone?


François Hollande aurait-il de la chance ? A peine est-il paru sur la scène internationale, les chefs d’Etat et de gouvernement occidentaux se mettent à chanter « Croissance ! Croissance ! »C’est le cas de Barack Obama, qui mesure enfin, au terme de son premier mandat à la Maison Blanche, le poids de l’Europe dans l’économie mondiale -et donc, de la France, qu’il avait d’abord négligée, en dépit des efforts de Nicolas Sarkozy pour devenir son ami. Le cas aussi de l’Italien Mario Monti et de l’Espagnol Mariano Rajoy, dont les pays sont en récession. Et même d’Angela Merkel, bien que la chancelière allemande, candidate à sa réélection en 2013, soit partagée entre l inquiétude de voir ses clients européens réduire leurs achats et la peur d’une augmentation des dépenses communes .
Exode
Reste à convaincre nos partenaires européens de doter l’UE de ressources propres ( taxes sur les transactions financières, les émissions de CO2, etc) qui permettraient de financer de grands projets. On verra mercredi au dîner de Bruxelles si un compromis se dessine. Reste, surtout, à recréer, en France, la confiance. Les plans sociaux gelés pendant la campagne présidentielle- chez Petroplus, Peugeot-Citroën, etc – attendront-ils les législatives pour dégringoler ? Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est cruellement conscient du risque « Nous encaisserons certainement des échecs », dit-il au JDD. Déjà, plusieurs sociétés envisagent de transférer leur siège au Luxembourg. Quant aux riches particuliers, ils n’ont pas attendu le départ de Sarkozy pour s’installer à Bruxelles, où leur capital ne risque pas d’être imposé par le Premier ministre Elio di Rupo, fut-il socialiste.
Compétitivité
Comment retenir chez nous les créateurs d’emplois? Confronté à ce défi en 1981, le Premier ministre de François Mitterrand, Pierre Mauroy, clamait dans toutes les foires industrielles « La reprise est là ! Il faut y croire !» Jean-Marc Ayrault, lui, met l’accent, comme Montebourg, sur le crédit bancaire aux « mille PME qui sont nos pépites » et sur les chefs d’entreprise patriotes. Or, en 30 ans, la part de l’industrie dans notre économie est tombée à 14 % ( contre 24% Outre-Rhin ). La droite explique que les 35 heures, la fiscalité et les charges salariales trop élevées en sont les causes. C’est un thème qui marche mieux auprès des électeurs que celui de la cohabitation « de combat » d’abord lancé par Jean-François Copé. Voilà pourquoi le patron de l’UMP martèle maintenant les mots « fiscalité, attractivité du territoire et compétitivité »- des mots que Montebourg, Ayrault et Hollande voudraient bien reprendre à leur compte.