« Ah Dieu que la guerre est jolie… » écrivait Guillaume Apollinaire. Il en mourut. Mais son poème exerce encore un charme puissant sur les gouvernants : la guerre pour sauver des vies, la guerre au nom des droits de l’Homme et pour la liberté…La guerre, aussi, pour redorer son blason…
Toujours habité par un intense « désir mimétique » qui le pousse à réagir plus vite que les autres chefs d’Etat – à commencer par Barack Obama- et à faire plus fort que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy a-t-il songé aux guerres de Chirac et Mitterrand en annonçant la reconnaissance de l’opposition libyenne sans consulter son ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé et en lançant, avec le Premier ministre britannique David Cameron, un projet de frappes aériennes contre Khadafi ? En 1991, au lendemain d’une guerre du Golfe engagée au côté des Américains contre le sanguinaire Saddam Hussein, François Mitterrand voyait sa popularité grimper jusqu’à 81% - plus haut que ne le fut jamais le général de Gaulle ! Quant à Jacques Chirac, l’homme du « Non » à la guerre d’Irak, ne lançait-il pas, dès 1995, à la requête pressante ( déjà ! ) de Bernard-Henri Lévy et en accord ( déjà !) avec le Premier ministre britannique, John Major, une Force de Réaction Rapide en Bosnie pour stopper l’avance du criminel Milosevic ?
Certes, ce n’est pas seulement un souci de gloriole qui pousse nos présidents à expédier des soldats français sur des fronts lointains . Il y a le devoir moral d’assistance voire d’ingérence, une certaine idée de la France des droits de l’Homme… Mais alors, pourquoi n’être pas intervenu à Abidjan le 8 mars quand, pour fêter la journée de la femme, les mercenaires de Gbagbo tirèrent à l’arme lourde sur les manifestantes, déchiquetant les corps de mères de famille?
Nous voudrions être sûrs que la riposte anti Khadafi n’a pas pour principal motif la revanche d’une humiliation personnelle remontant à décembre 2007 : quand le colonel fou planta sa tente à deux pas de l’Elysée. De même voudrions-nous être sûrs que l’ancien maire de Neuilly, présenté par des lieutenants trop zélés comme le défenseur du « terroir » face à DSK, est sincèrement attaché à la défense de nos agriculteurs et de nos paysages, sinon à cette « France pastorale » que voulait incarner Mitterrand en posant sur fond de clocher de village. Mais enfin ! C’était il y a trente ans. Depuis, la proportion de Français vivant dans les villes a dépassé 70%. Les fermetures d’écoles, de bureaux de Poste, d’hôpitaux et de tribunaux n’ont fait qu’accélérer le mouvement. Et ce n’est pas en multipliant photos et déclarations les pieds dans le foin que Sarkozy mettra ses pas dans ceux de Chirac le Corrézien, Mitterrand le Charentais ou Pompidou l’Auvergnat. Ce n’est pas, d’ailleurs, ce que nous lui demandons !
Nous ne voulons ni la guerre ni le repli sur une France du passé. Simplement, nous aspirons au retour d’une croissance créatrice d’emplois. Nous attendons une lutte efficace contre les injustices sociales, illustrées à la fois par l’explosion des salaires et bonus du CAC 40 et par la multiplication du nombre de travailleurs à moins de 1000 euros par mois. Bref, nous voulons un général qui fasse la guerre au déclassement collectif et individuel.
Mais cette guerre-là est la plus difficile à mener. Mitterrand et Chirac soupiraient : « Au fond, je n’aurai pas beaucoup changé la France ». Sarkozy commence à s’en apercevoir. Mais jamais, jamais, il n’avouera son impuissance. Plutôt recréer un « clivage » fort entre les camps politiques. Plutôt ordonner à nos Mirages de décoller !
Toujours habité par un intense « désir mimétique » qui le pousse à réagir plus vite que les autres chefs d’Etat – à commencer par Barack Obama- et à faire plus fort que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy a-t-il songé aux guerres de Chirac et Mitterrand en annonçant la reconnaissance de l’opposition libyenne sans consulter son ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé et en lançant, avec le Premier ministre britannique David Cameron, un projet de frappes aériennes contre Khadafi ? En 1991, au lendemain d’une guerre du Golfe engagée au côté des Américains contre le sanguinaire Saddam Hussein, François Mitterrand voyait sa popularité grimper jusqu’à 81% - plus haut que ne le fut jamais le général de Gaulle ! Quant à Jacques Chirac, l’homme du « Non » à la guerre d’Irak, ne lançait-il pas, dès 1995, à la requête pressante ( déjà ! ) de Bernard-Henri Lévy et en accord ( déjà !) avec le Premier ministre britannique, John Major, une Force de Réaction Rapide en Bosnie pour stopper l’avance du criminel Milosevic ?
Certes, ce n’est pas seulement un souci de gloriole qui pousse nos présidents à expédier des soldats français sur des fronts lointains . Il y a le devoir moral d’assistance voire d’ingérence, une certaine idée de la France des droits de l’Homme… Mais alors, pourquoi n’être pas intervenu à Abidjan le 8 mars quand, pour fêter la journée de la femme, les mercenaires de Gbagbo tirèrent à l’arme lourde sur les manifestantes, déchiquetant les corps de mères de famille?
Nous voudrions être sûrs que la riposte anti Khadafi n’a pas pour principal motif la revanche d’une humiliation personnelle remontant à décembre 2007 : quand le colonel fou planta sa tente à deux pas de l’Elysée. De même voudrions-nous être sûrs que l’ancien maire de Neuilly, présenté par des lieutenants trop zélés comme le défenseur du « terroir » face à DSK, est sincèrement attaché à la défense de nos agriculteurs et de nos paysages, sinon à cette « France pastorale » que voulait incarner Mitterrand en posant sur fond de clocher de village. Mais enfin ! C’était il y a trente ans. Depuis, la proportion de Français vivant dans les villes a dépassé 70%. Les fermetures d’écoles, de bureaux de Poste, d’hôpitaux et de tribunaux n’ont fait qu’accélérer le mouvement. Et ce n’est pas en multipliant photos et déclarations les pieds dans le foin que Sarkozy mettra ses pas dans ceux de Chirac le Corrézien, Mitterrand le Charentais ou Pompidou l’Auvergnat. Ce n’est pas, d’ailleurs, ce que nous lui demandons !
Nous ne voulons ni la guerre ni le repli sur une France du passé. Simplement, nous aspirons au retour d’une croissance créatrice d’emplois. Nous attendons une lutte efficace contre les injustices sociales, illustrées à la fois par l’explosion des salaires et bonus du CAC 40 et par la multiplication du nombre de travailleurs à moins de 1000 euros par mois. Bref, nous voulons un général qui fasse la guerre au déclassement collectif et individuel.
Mais cette guerre-là est la plus difficile à mener. Mitterrand et Chirac soupiraient : « Au fond, je n’aurai pas beaucoup changé la France ». Sarkozy commence à s’en apercevoir. Mais jamais, jamais, il n’avouera son impuissance. Plutôt recréer un « clivage » fort entre les camps politiques. Plutôt ordonner à nos Mirages de décoller !
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