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Europe
Gaz Europe et Russie
Les deux géants s'entendront-ils sur le partage du gaz?
Après l'expérience de la crise russo-ukrainienne sur la fourniture de gaz, la question de la dépendance énergétique des pays européens à l'égard du géant russe demeure au cœur des préoccupations continentales. D'autant plus que Moscou hausse le ton et pose ses conditions.
Photo Le courrier international
"Menacer des clients dont les propos dérangent ressemble plus à du racket qu'à du commerce civilisé. C'est ainsi que Gazprom, le géant du gaz contrôlé par l'Etat russe, s'est comporté ces derniers temps. Le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a apparemment lié un prétendu obstacle contre l'expansion européenne de sa compagnie au fait que les exportations pourraient être réorientées vers la Chine. Y a-t-il un malentendu ? A peine : ce ton brutal semble faire office de politique officielle. En fait, le président Vladimir Poutine a répété cette menace le 26 avril en parlant 'de compétition inégale sur les marchés mondiaux'", note The Economist. C'est cela, "les relations clientèles façon Gazprom". La question des relations énergétiques russo-européennes est d'autant plus débattue dans la presse internationale que s'est tenu, les 26 et 27 avril 2006 à Tomsk, un sommet russo-allemand entre la chancelière Angela Merkel et le président Vladimir Poutine, tous deux acompagnés d'une forte délégation ministérielle et industrielle.
Mais que veut véritablement la Russie ? The Economist explique que c'est la "'réciprocité', c'est-à-dire que Gazprom veut acheter plus d'actifs 'en aval' dans des pays européens – des gazoducs, des compagnies de distribution et ainsi de suite –, à l'instar de la britannique Centrica", le plus gros fournisseur de gaz du Royaume-Uni. Or, certains ministres britanniques envisageraient de prendre des mesures législatives pour bloquer une telle perspective.
"Poutine dénonce la politique de deux poids deux mesures des Européens en matière d'investissement", note le Financial Times. A la suite de discussions entre la chancelière Angela Merkel et le président Poutine, ce dernier a souligné sur un ton de reproche que, "quand les compagnies européennes viennent en Russie, il est question d'investissement et de mondialisation, mais quand il s'agit de nous, on parle d'expansion des compagnies russes en Europe", rapporte le Financial Times. Néanmoins, le quotidien de la City précise que "le dirigeant russe a pris soin de se féliciter des relations étroites avec l'Allemagne et de remercier le Premier ministre britannique Tony Blair de s'être engagé à ne pas intervenir pour bloquer d'éventuels investissements de compagnies énergétiques russes au Royaume-Uni".
D'un autre côté, en signant un contrat avec le chimiste allemand BASF, Gazprom a renforcé sa position sur le marché de distribution énergétique au détail en Europe. "Cet accord est la dernière avancée commerciale en Europe de Gazprom, qui cherche à saisir des opportunités énergétiques pour les ajouter à ses actifs sur le continent, tout en construisant et en prévoyant de construire des gazoducs au nord, sous la mer Baltique, et au sud, en Turquie", note le New York Times.
A l'occasion du sommet Poutine-Merkel de Tomsk, ville sibérienne qui accueille ces sommets bilatéraux, le quotidien espagnol El País consacre son éditorial aux "Russes et Allemands". "Tous les pays européens souhaitent pour leurs propres intérêts que la Russie et l'Allemagne, les deux grandes puissances historiques d'Europe centrale et orientale, aient de bonnes relations." Le quotidien national de Madrid estime qu'"il n'est cependant pas étonnant que des gens aient peur quand ces pays s'entendent trop bien, car leurs accords ont trop souvent ignoré ou lésé les droits de leurs voisins".
Lire l'article
Mais que veut véritablement la Russie ? The Economist explique que c'est la "'réciprocité', c'est-à-dire que Gazprom veut acheter plus d'actifs 'en aval' dans des pays européens – des gazoducs, des compagnies de distribution et ainsi de suite –, à l'instar de la britannique Centrica", le plus gros fournisseur de gaz du Royaume-Uni. Or, certains ministres britanniques envisageraient de prendre des mesures législatives pour bloquer une telle perspective.
"Poutine dénonce la politique de deux poids deux mesures des Européens en matière d'investissement", note le Financial Times. A la suite de discussions entre la chancelière Angela Merkel et le président Poutine, ce dernier a souligné sur un ton de reproche que, "quand les compagnies européennes viennent en Russie, il est question d'investissement et de mondialisation, mais quand il s'agit de nous, on parle d'expansion des compagnies russes en Europe", rapporte le Financial Times. Néanmoins, le quotidien de la City précise que "le dirigeant russe a pris soin de se féliciter des relations étroites avec l'Allemagne et de remercier le Premier ministre britannique Tony Blair de s'être engagé à ne pas intervenir pour bloquer d'éventuels investissements de compagnies énergétiques russes au Royaume-Uni".
D'un autre côté, en signant un contrat avec le chimiste allemand BASF, Gazprom a renforcé sa position sur le marché de distribution énergétique au détail en Europe. "Cet accord est la dernière avancée commerciale en Europe de Gazprom, qui cherche à saisir des opportunités énergétiques pour les ajouter à ses actifs sur le continent, tout en construisant et en prévoyant de construire des gazoducs au nord, sous la mer Baltique, et au sud, en Turquie", note le New York Times.
A l'occasion du sommet Poutine-Merkel de Tomsk, ville sibérienne qui accueille ces sommets bilatéraux, le quotidien espagnol El País consacre son éditorial aux "Russes et Allemands". "Tous les pays européens souhaitent pour leurs propres intérêts que la Russie et l'Allemagne, les deux grandes puissances historiques d'Europe centrale et orientale, aient de bonnes relations." Le quotidien national de Madrid estime qu'"il n'est cependant pas étonnant que des gens aient peur quand ces pays s'entendent trop bien, car leurs accords ont trop souvent ignoré ou lésé les droits de leurs voisins".
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Mardi 02 Mai 2006 - 20:11
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