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Chroniques
29/01/2008 - 14:44

Tchad : LSF, le Ouaddaï, Fizani et l'EUFOR


Libertés sans frontières (LSF) et son président Ahmat Yacoub Dabio ont publié lundi 28 janvier un communiqué dans lequel il font part de leurs inquiétudes à propos du Darfour et du Ouaddaï. Par delà, ils interpellent le colonel Fizani, chef militaire des forces rebelles tchadiennes, l'EUFOR ainsi que les ONG. Ahmat Yacoub Dabio ne poserait plus le préalable du départ du Président Déby. Le problème, au Tchad, étant moins de changer de régime que de faire garantir par la communauté internationale la paix, la sécurité et les droits fondamentaux de chaque Tchadien. Evènement.



Tchad : LSF, le Ouaddaï, Fizani et l'EUFOR
Ceci fait suite à l'article de Samrak, blogueur tchadien qui a dénoncé dans Editoweb Magazine une situation humanitaire catastrophique à l'est du Tchad : « Tout se passe comme si Déby voulait organiser un nouveau Darfour au Ouaddaï» alors même que l'armée française est présente à Abéché, chef-lieu du Ouaddaï qui s'apprête à accueillir l'EUFOR.
Pour ceux qui, au Tchad et ailleurs, connaissent Ahmat Yacoub Dabio, le communiqué de Libertés sans frontières (LSF) provoque un véritable séisme dans la classe politique tchadienne ainsi que dans la sous-région. Ahmat Yacoub n'est plus classable dans la rébellion armée mais se situe désormais sur le terrain de l'humanitaire.


Pour comprendre, il faut tenir compte de deux paramètres :


Le premier est qu'au Tchad, les chefs d'état ont toujours pris le pouvoir par la force, ce qui enlève toute légitimité à l'Administration. C'est ainsi qu'en l'absence d'un consensus politique minimal, le Tchad s'est toujours montré incapable de mettre en œuvre une politique économique et sociale cohérente qui ne soit pas tournée vers l'enrichissement d'un clan ou d'une tribu. Les différents pouvoirs n'ont pas pu dégager les dénominateurs communs entre tous les Tchadiens.

En appelant au dialogue et à la paix, le préalable du départ du président Déby n'est plus posé. Plus encore, la rébellion armée est sommée (le mot précis utilisé par Ahmat Yacoub dans son communiqué est« exhorté ») à négocier.

Cette prise de position a des conséquences directes. Tout d'abord, il s'agit bien d'un appel au désarmement unilatéral des rebelles du Darfour et du Tchad. Est-ce parce que Samrak, le blogueur d'Abéché, a mis en lumière une situation humanitaire catastrophique au Ouaddaï ? Pas seulement. Dans l'entourage de Yacoub Dabio, les questions qui se posent désormais sont:
-    peut-on encore laisser Déby pousser les rebelles dans les bras du Soudanais El Béchir ?
-    En quoi ce dernier, parvenu au pouvoir tout comme Déby par la force, est-il crédible ?
-    En quoi le fait que la rébellion armée tchadienne prenne le pouvoir à N'djamena par la force apporterait-il une solution politique permettant de rompre avec un passé, une Histoire jonchée de plus de 50000 morts dont sont accusés, notamment, Déby et Habré ?

Le deuxième paramètre à prendre en considération est constitué par la décision de la communauté internationale de déployer, à l'est du Tchad, une force militaire crédible qui devrait permettre à la rébellion armée tchadienne ainsi qu'aux populations de son secteur géographique de se mettre sous la protection de l'Union européenne. Que cela impose le désarmement unilatéral des forces de la rébellion est une évidence tout comme l'est le fait que, dans cette hypothèse, l'EUFOR n'aurait pas d'autre alternative que de s'interposer en mettant fin aux exactions dont le clan Déby est accusé.

A ce stade, ce n'est plus Samrak qui ouvre la boite de Pandore, mais Louis Michel, Commissaire européen, qui, au sortir de sa réunion avec le Président Déby, se déclare prêt à rencontrer les rebelles du Tchad. Cette déclaration est à rapprocher de celle faite par Bernard Kouchner, Ministre français des affaires étrangères, qui clame haut et fort dans les médias que l'EUFOR ne défendra pas le régime du Président Déby.

Dès lors, Ahmat Yacoub et Libertés sans frontières (LSF) se trouvent devant deux options.

La première serait d'encourager les forces rebelles armées, désormais sous le commandement unifié du colonel Fizani, à foncer sur n'Djamena avec les risques de débordement et d'embrasement général que cela suppose.

La deuxième option, et celle qui, manifestement, a été choisie par LSF et son président, est de faire pression sur le colonel Fizani pour que celui-ci, qui dispose, au sein de la rébellion, de la force militaire la plus efficace et la mieux armée, impose le nécessaire désarmement de l'ensemble des rebelles ainsi que l'ouverture de négociations. Ahmat Yacoub Dabio et Fizani se connaissent bien. Ils sont tous deux originaires du Ouaddaï, dont le peuple pacifique est composé essentiellement de pasteurs et de cultivateurs.

Au Tchad, ceux du Ouaddaï sont le plus souvent relégués au rang d'esclaves. Ils sont maltraités, humiliés, déconsidérés par la haute bourgeoisie d'un pays qui ne compte pas moins de 100 généraux. D'un tempérament que Samrak décrit comme étant paisible et tolérant, Fizani doit être encouragé à déposer l'arme qui tue pour imposer une paix fédératrice, juste et durable, avec ou sans le président Déby. Le problème, au Tchad, étant moins de changer dr régime que de faire garantir par la communauté internationale la paix, la sécurité et les droits fondamentaux de chaque Tchadien.

Louis Michel et Bernard Kouchner lui ont tendu la perche, Libertés sans frontières(LSF) lui a lancé un appel fraternel, l'Internet lui offre la tribune d'expression la plus efficace, la plus mobilisatrice. Fizani et les rebelles saisiront-il cette nouvelle opportunité politique? Gageons que l'Histoire immédiate nous le confirmera.

Accédez ICI au portail dabio.net de Libertés sans frontières.
H.V/Source Web



1.Posté par EditoWeb MagaZine/info derniere le 29/01/2008 15:14
L'aviation tchadienne bombarde les rebelles dans l'est du Tchad

N'DJAMENA - L'aviation tchadienne a bombardé mardi des positions de rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno dans l'est du Tchad, région où doit se déployer dans les prochains jours une force européenne, a-t-on appris de sources militaire et rebelle.

"Ce (mardi) matin, l'aviation de Deby nous a bombardés vers Adé, près de la frontière soudanaise", a déclaré à l'AFP Abakar Tollimi, le secrétaire général de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), un des groupes armés membres d'une alliance rebelle née à la mi-décembre.

"Notre défense anti-aérienne a riposté", a-t-il ajouté, joint sur téléphone satellitaire.

Une source militaire tchadienne a confirmé à l'AFP ces bombardements, précisant qu'ils avaient débuté lundi soir dans une zone située à 12 km au nord d'Adé et à 15 km de la frontière soudanaise. "Les rebelles, qui étaient au Soudan, ont traversé la frontière hier", a affirmé lundi cette source.

Il n'y a pas eu de combats au sol jusqu'ici, selon les belligérants.

"Nous nous attendons à une attaque terrestre", a toutefois poursuivi Abakar Tollimi.

Il s'agit des premiers affrontements entre rebelles et armée au Tchad depuis début décembre. Lire la suite



En bref
01/05/2012 11:04

Sénégal: L'Assureur ASKIA veut une directive UEMOA sur le respect des droits humains

Sénégal: L'Assureur ASKIA veut une directive UEMOA sur le respect des droits humains
 Mame Penda Gueye, Directeur des engagements et des affaires juridiques de la compagnie d’assurance sénégalaise Askia Assurances toutes branches au Sénégal, a proposé samedi que  l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA ) prenne une directive communautaire sur  le respect des droits humains sur les lieux de travail.  « Il faut la réadaptation des textes nationaux par la mise en place d’une directive communautaire sur le respect des droits humains dans les lieux de travail », estime Mme Gueye qui animait une communication sur les droits humains et la prévention des risques professionnels, à l’occasion de la commémoration du Mois africain de la prévention. La compagnie d'Assurances toutes branches ASKIA Sénégal qui de par ailleurs vient de mettre en ligne un site Web Forum  "Askia Aassurances Sénégal Infos "  prône l'augmentation des sanctions contre les violations des droits humains dans les entreprises tout en renforçant le contrôle des inspecteurs du travail. A propos de debat, il sera vif sur le tout nouveau site Web  Askia Aassurances Sénégal Infos et l'on nous assure que le theme des droits humains dans le travail en sera l'un des sujets.

Source:  www.starafrica.com/fr/emploi/  
Sylvie Delhaye

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