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Libération
Un verdict accueilli dans la stupeur: A Paris, des militants avaient voulu croire à l’acquittement
Un silence de mort. Le président de la cour d’assises vient d’énoncer en trois phrases le verdict. Mme Erignac et sa famille ne manifestent aucun signe. Le père d’Yvan Colonna est cassé, figé sur lui-même. Se met à sangloter. Son fils tente de lui passer une accolade. Dans la salle d’audience, où à chaque mètre se tient un gendarme, pas un mot n’est échangé.
Une sorte de stupeur. Yvan Colonna ne dit rien. Le visage absent. Deux ou trois cris fusent. «Liberta», «liberta.» Rien d’autre. Son avocat, Gilles Simeoni, marche, ne sait plus quoi faire. Il embrasse son client. Yvan Colonna tend ses deux bras vers la salle, puis des gendarmes le conduisent à l’extérieur. Pendant de longues minutes, tout le clan Colonna reste ainsi, assis. Le père refusant de se lever, et de quitter les lieux. On vient, on l’embrasse.
«Procès équitable». A l’extérieur, une foule d’une centaine de proches et de militants corses sont sortis. Eux aussi, attendent. Mais attendre quoi ? Toute l’après-midi, durant ces cinq heures de délibérés, ils avaient voulu y croire. Gilles Simeoni n’avait-il pas lâché dans sa plaidoirie, que «dans son instruction le procès avait été équitable». N’y avait-il pas donc une petite marge? «Oui, l’acquittement est possible», expliquait, alors, Jean-Cristophe Angelini, président du parti de la Nation corse (parti autonomiste, opposé à la lutte armée). «Mais je reste inquiet sur la suite, car le contexte en Corse est très lourd. Et si Yvan est condamné, tout cela conduira à un sentiment d’injustice, de révolte, dont personne n’est capable de mesurer les conséquences.» Un peu plus loin, Jean-Guy Talamoni: «Oui, il peut être acquitté. Tout ce qu’a montré ce procès devrait y conduire. Ma seule crainte, c’est qu’il ne soit pas jugé équitablement, et qu’il soit condamné pour des raisons politiques.» Des membres de la famille de l’accusé se tenaient à l’écart. «Non, on ne veut pas parler.» Mgr Gaillot ajoutant : «J’ai vu Yvan plusieurs fois en prison. Je crois qu’il est innocent. S’il est acquitté, je m’en réjouirai. Et s’il est condamné, ajoutait-il, non, je ne l’abandonnerai pas.»
A l’arrêt. 19h30, la cour d’assises a rendu son verdict depuis dix minutes. Dans la grande salle des pas perdus, il n’y a aucune velléité de manifestation. Le palais de Justice déborde, il est vrai, de policiers et de gendarmes, à l’intérieur comme à l’extérieur. La petite foule traîne, comme à l’arrêt. «C’est immonde, murmure un vieux monsieur, je vous l’avais dit de ne pas croire en la justice française». Me Simeoni, défenseur de Colonna, sort enfin, le visage tendu : «Tout le dossier a montré que Yvan Colonna est innocent. Pas la moindre preuve de sa culpabilité n’a été apportée. Nous ferons appel.» «C’est une vengeance de l’Etat francais», déclare plus brutalement un représentant du Comité anti-répression. «Nous ne l’accepterons pas, et nous descendrons dans la rue.» «C’est un coup terrible, tempère le président du PNC, la mobilisation va continuer. On ne peut pas l’accepter. On note qu’il n’y a pas eu de peine de sûreté. Sans nous inciter à l’optimisme, cela doit nous conduire à redoubler d’efforts».
Hier soir à 20 heures, la famille Colonna était encore retranchée dans la salle de la cour d’assises.
«Procès équitable». A l’extérieur, une foule d’une centaine de proches et de militants corses sont sortis. Eux aussi, attendent. Mais attendre quoi ? Toute l’après-midi, durant ces cinq heures de délibérés, ils avaient voulu y croire. Gilles Simeoni n’avait-il pas lâché dans sa plaidoirie, que «dans son instruction le procès avait été équitable». N’y avait-il pas donc une petite marge? «Oui, l’acquittement est possible», expliquait, alors, Jean-Cristophe Angelini, président du parti de la Nation corse (parti autonomiste, opposé à la lutte armée). «Mais je reste inquiet sur la suite, car le contexte en Corse est très lourd. Et si Yvan est condamné, tout cela conduira à un sentiment d’injustice, de révolte, dont personne n’est capable de mesurer les conséquences.» Un peu plus loin, Jean-Guy Talamoni: «Oui, il peut être acquitté. Tout ce qu’a montré ce procès devrait y conduire. Ma seule crainte, c’est qu’il ne soit pas jugé équitablement, et qu’il soit condamné pour des raisons politiques.» Des membres de la famille de l’accusé se tenaient à l’écart. «Non, on ne veut pas parler.» Mgr Gaillot ajoutant : «J’ai vu Yvan plusieurs fois en prison. Je crois qu’il est innocent. S’il est acquitté, je m’en réjouirai. Et s’il est condamné, ajoutait-il, non, je ne l’abandonnerai pas.»
A l’arrêt. 19h30, la cour d’assises a rendu son verdict depuis dix minutes. Dans la grande salle des pas perdus, il n’y a aucune velléité de manifestation. Le palais de Justice déborde, il est vrai, de policiers et de gendarmes, à l’intérieur comme à l’extérieur. La petite foule traîne, comme à l’arrêt. «C’est immonde, murmure un vieux monsieur, je vous l’avais dit de ne pas croire en la justice française». Me Simeoni, défenseur de Colonna, sort enfin, le visage tendu : «Tout le dossier a montré que Yvan Colonna est innocent. Pas la moindre preuve de sa culpabilité n’a été apportée. Nous ferons appel.» «C’est une vengeance de l’Etat francais», déclare plus brutalement un représentant du Comité anti-répression. «Nous ne l’accepterons pas, et nous descendrons dans la rue.» «C’est un coup terrible, tempère le président du PNC, la mobilisation va continuer. On ne peut pas l’accepter. On note qu’il n’y a pas eu de peine de sûreté. Sans nous inciter à l’optimisme, cela doit nous conduire à redoubler d’efforts».
Hier soir à 20 heures, la famille Colonna était encore retranchée dans la salle de la cour d’assises.
Vendredi 14 Décembre 2007 - 13:51
Nicolas Maury
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