A la tribune, dans un décor tout de rouge, la couleur de Die Linke, Lafontaine a promis à ses troupes de "changer la politique". "Les autres reprennent déjà nos propositions (...) Soyons un parti qui ose aller contre l'esprit du temps!", a-t-il lancé, en citant Marx, Engels, Rosa Luxembourg et Mikhaïl Gorbatchev. Les délégués ont posé les jalons d'un programme, à défaut d'en adopter un, une question renvoyée à 2009. Ils ont voté une motion de la direction prônant d'injecter 50 milliards d'euros de plus par an dans la santé, l'éducation, l'environnement et les services publics - "pour un monde meilleur". Et fustigé le "système capitaliste" qui écrase "la majorité" ou cette Union européenne "qui travaille pour les patrons".
Les deux co-présidents Lafontaine et Lothar Bisky, confirmés à ces fonctions, ont clamé leur "fierté" que Die Linke, allié du SPD au sein du gouvernement régional berlinois, ait obtenu vendredi du maire de Berlin Klaus Wowereit (SPD) qu'il s'abstienne lors du vote de ratification du Traité de Lisbonne au parlement. Prônant la fin de l'engagement allemand en Afghanistan et la sortie de l'Otan, Die Linke a aussi fait du pacifisme l'un de ses leit-motivs.
De fait, Die Linke prône à rebours des autres partis la sortie de l'Otan et le retrait des troupes allemandes d'Afghanistan. Il réclame des nationalisations, voire des re-nationalisations.
Au menu samedi figurait une motion de la direction du parti prônant 50 milliards d'investissements supplémentaires par an dans les secteurs de la santé, l'éducation, l'environnement et les services publics - pour "un monde meilleur".
Die Linke recouvre une multitude de courants tels que la plate-forme communiste, le forum du socialisme démocratique, le mouvement en faveur des femmes ou antifasciste. Un an après la fusion entre le WASG et le PDS, les membres des deux formations continuent à s'observer avec une certaine méfiance. "Deux partis se sont trouvés, mais ils ne sont pas encore unis", a souligné Gregor Gysi, coprésident du groupe parlementaire Die Linke au Bundestag. Oskar Lafontaine, coprésident charismatique de Die Linke suscite des grincements de dents parmi les délégués de l'Est. même si les délégués ont chaudement applaudi son discours aux accents marxistes samedi, ils lui ont lancé un avertissement en lui octroyant seulement 78,5 % des voix, soit presque 10 % de moins qu'en juin 2007. Lothar Bisky (PDS ex-SED), également coprésident, a obtenu 81,3 % des voix.