Au Portugal, l'alliance CDU entre PCP et vert a légèrement progressé à 10.66%, mais c'est le Bloc de Gauche (fusion de trois organisation d'extrême gauche en 79) qui créé l'évènement en passant devant le CDU avce 10,73% et qui passe de 1 à 3 eurodéputés. Parallèlement le PS fait un mauvais score.
En Tchéquie, avec 14,18 %, le KSCM reste le troisième parti tchèque en améliorant son score des législatives de 2006 (12,85 %) mais recule sur les européennes de 2004 (plus de 20 % et 6 députés).
Les exemples portugais, grecque et tchèque (et aussi de l'AKEL à Chypre) sont intéressants et ont au moins un point commun : ils s'agit de trois (ou quatre) partis communistes nationaux, qui n'ont jamais rompus le fil de leur histoire en tant que partis communistes et dans leur rapport avec leur peuple.
Cela prouve aussi que des partis communistes non rénovés/refondés/mutés/dépassés, maintiennent pour le moins des positions significatives (même si en recul net par rapport à leur période de gloire, sauf l'AKEL mais dont la situation est dominé par la question nationale). Remarquons que les trois autres partis qui avaient des caractéristiques similaires aux partis précités, le PCF, le PCI et, à un moindre niveau, le PCE, plus ils ont muté plus ils sont en difficultés! Et à cet égard, c'est celui qui, malgré tout, n'a pas complètement rompu le fil de son histoire communiste, le PCF, qui s'en sort le moins mal. Je reviendrai de manière plus approfondie sur le score de la liste des communistes unis en Italie, qui ne réussit pas à passer la barre des 4% et perd toute représentation parlementaire européenne... tous comme les bertinotiens scissionnistes qui se présentaient avec les verts et les socialiste dans la liste Sinistra e libertà...
Aucune des expériences d'organisation post communiste ne peut faire la preuve d'une réussite politique durable et significative. Quant au bloc de gauche au Portugal (dont l'émergence n'empêche pas la progression de la coalition autour du PCP), il n'est pas de tradition communiste et par certains côté est plus proche du NPA que des communistes social-démocratisés à la Syriza.
Mais je pense que la situation grecque ou portugaise est inatteignable à court terme en France, compte tenu de tout ce qui a été détruit dans le PCF. Il ne suffit pas d'avoir une ligne juste pour progresser ou retrouver des scores significatifs: une fois que des fils ont été rompus avec le peuple et la classe ouvrière, cela est difficile et long (pas impossible) de les renouer. Encore en faut-il avoir la volonté...
Image : Johann Henrich Füssli (1741-1825), Les Etoliens implorant Méléagre de défendre la cité de Calydon, (1776), sanguine, Musée du Louvre