« Le retour en Amérique latine des dictatures militaires et les menées criminelles des secteurs les plus conservateurs de la société qui tentent d’empêcher les réformes sociales nécessaires ne peuvent être acceptés », a exprimé France Amérique latine, soulignant ainsi que le renversement est survenu au moment où les Honduriens étaient appelés à s’exprimer sur une proposition de réforme constitutionnelle. « L’armée et les classes privilégiées veulent freiner les avancées démocratiques engagées par le président Manuel Zelaya », a, de son côté, insisté, au nom du Parti communiste français, José Cordon. Même tonalité pour les Verts ou encore pour le Parti de gauche. « Roberto Micheletti, qui est un ancien membre des Forces armées, est le représentant des multinationales, a ajouté Guillaume Bulecourt du Mouvement des jeunes communistes. Il sert les intérêts de la politique néolibérale au moment où justement le continent latino-américain rejette cette logique. »
Le visage du Che sur la poitrine, Tatiana Fajardo, d’origine hondurienne, insiste sur cet aspect. « Homme des monopoles financiers, Micheletti est une sorte de chien de garde des États-Unis » qui a aujourd’hui recours « au renversement parce qu’il n’a pas été élu à la présidence », dit-elle. Pour la jeune femme, le coup d’État survient après « une année marquée par des grèves importantes qui dénonçaient la corruption. Ses responsables n’ont pas été jugés parce qu’ils sont au Congrès ». La mobilisation en faveur d’un peuple privé d’informations, et menacé de représailles s’il descend dans la rue, est cruciale.
C’est finalement toute l’Amérique latine qui a fait sienne cette préoccupation. « Si on laisse faire, ce coup d’État, qui constitue un recul de trois décennies, pourrait devenir un coup d’essai », transposable à d’autres pays de la région, a averti Vicente Romero de l’université populaire Mariategui. « Honduras, on est avec toi. Non au coup d’État », n’ont cessé de scander les manifestants.